Chasse-Spleen ouvre une nouvelle étape de son histoire avec une expansion engagée au début de 2023 : l’acquisition du voisin Château Brillette apporte environ trente hectares et porte l’ensemble à près de 135 hectares. Cette opération ne relève pas d’un simple agrandissement foncier : elle élargit la palette de graves disponibles pour construire les futurs millésimes de Moulis-en-Médoc.
En bref
- Chasse-Spleen a intégré les terroirs du Château Brillette, soit une trentaine d’hectares supplémentaires.
- Le domaine atteint environ 135 hectares et gagne quatre croupes de graves.
- Cette expansion vise une plus grande précision parcellaire et une présence accrue du cabernet-sauvignon sur graves profondes.
- Le cru, hors classement de 1855, conserve une place centrale parmi les références de Moulis-en-Médoc.
- L’opération s’inscrit dans une continuité familiale entre les Villars-Foubet, héritiers de Jacques Merlaut, et la famille Flageul.
| Repère | Ce qu’il faut retenir |
|---|---|
| Appellation | AOC Moulis-en-Médoc, sur la rive gauche bordelaise. |
| Expansion | Acquisition du Château Brillette annoncée au début de 2023. |
| Surface | Environ 135 hectares après intégration des nouvelles parcelles. |
| Apport majeur | Quatre croupes de graves et davantage de possibilités pour le cabernet-sauvignon. |
| Enjeu | Renforcer la profondeur, la structure et la lecture médocaine des assemblages. |
Chasse-Spleen et l’expansion de Moulis-en-Médoc : ce qui change réellement
L’expansion de Chasse-Spleen mérite d’être regardée à l’échelle du vignoble, et non comme une opération de communication. Dans le Médoc, ajouter des hectares ne produit pas automatiquement de meilleurs vins. Tout dépend de la nature des sols, de l’exposition des vignes, de l’âge du matériel végétal et de la manière dont le domaine choisit de vinifier chaque parcelle.
En reprenant le Château Brillette, Céline Villars-Foubet et Jean-Pierre Foubet n’ont pas seulement fait croître une propriété déjà bien installée. Ils ont intégré un terroir voisin connu pour ses graves, ces sols caillouteux capables de favoriser le drainage et de restituer de la chaleur à la vigne. Dans une appellation comme Moulis-en-Médoc, où les mosaïques de sols comptent autant que les limites cadastrales, cet apport change les marges de manœuvre du cru.
La surface globale atteint désormais environ 135 hectares. Ce chiffre doit toutefois être interprété avec sérieux : il ne signifie pas que toutes les parcelles nourriront systématiquement le grand vin, ni qu’elles seront traitées comme un bloc homogène. La force d’un domaine de cette taille est justement de pouvoir hiérarchiser ses terroirs, d’écarter certaines cuvées selon le millésime et de réserver les lots les plus justes à l’étiquette principale.
Cette progression prolonge une stratégie plus ancienne. En 2003, la famille Villars-Foubet avait déjà acquis les terroirs de Gressier Grand Poujeaux. L’aventure engagée avec Brillette ne surgit donc pas de nulle part : elle suit une logique de consolidation autour de Moulis, avec l’idée de mieux représenter les différentes expressions de l’appellation.
Pour comprendre l’enjeu, imaginons deux parcelles séparées de quelques centaines de mètres. L’une repose sur une grave profonde et sèche rapidement après la pluie ; l’autre comporte davantage d’argile et conserve l’humidité plus longtemps. Le cabernet-sauvignon trouvera souvent une place plus naturelle sur la première, tandis que le merlot pourra montrer davantage de souplesse sur la seconde. La qualité du vin naît alors de l’assemblage de ces tempéraments, pas d’une recette répétée d’année en année.
Les quatre croupes de graves apportées par Brillette constituent donc le cœur de l’opération. Une croupe est une légère élévation du terrain. Dans le Médoc, cette topographie modeste peut faire une différence nette : l’eau circule autrement, les racines explorent des horizons plus profonds, et le raisin ne mûrit pas exactement au même rythme que sur un secteur plus plat.
Le mot audace trouve ici un sens précis. Acheter un vignoble voisin implique de reprendre ses sols, ses plantations, son histoire technique et ses contraintes. Il faut ensuite décider ce qui sera conservé, adapté ou renouvelé, sans effacer trop vite la personnalité du lieu. L’expansion réussie n’est pas celle qui uniformise ; c’est celle qui transforme la diversité en précision.
Cette opération confirme aussi le statut particulier de Chasse-Spleen. Le domaine ne figure pas parmi les Grands Crus Classés de 1855, classement historique qui concerne d’autres propriétés du Médoc. Sa réputation s’est bâtie autrement : par la régularité de ses vins, par la reconnaissance de Moulis et par un nom devenu identifiable bien au-delà de Bordeaux.
Le défi est désormais de faire parler ensemble les anciens terroirs et les nouvelles graves. Un vignoble plus vaste peut devenir une force lorsqu’il est conduit parcelle par parcelle, avec patience et discernement. C’est sur ce terrain concret, dans les rangs de vigne et dans les cuves, que l’expansion de Chasse-Spleen prendra toute sa mesure.
Les graves de Château Brillette : pourquoi Chasse-Spleen gagne en profondeur
Le mot « graves » revient souvent dans les discours bordelais, parfois sans explication. Il désigne ici des sols composés de galets, graviers, sables et éléments plus ou moins grossiers déposés au fil du temps. Ces sols ne sont pas tous identiques, mais ils partagent une propriété essentielle pour la vigne : ils évacuent l’eau avec efficacité.
Pour un amateur qui ouvre une bouteille de Moulis, cette donnée géologique n’est pas abstraite. Elle aide à comprendre la tenue du vin, son dessin tannique et sa capacité à conserver une forme de fraîcheur. Les graves profondes sont particulièrement recherchées pour le cabernet-sauvignon, cépage qui demande du temps, de la lumière et des conditions de maturation régulières.
Éric Boissenot, consultant connaissant les deux vignobles, a souligné l’intérêt de cette fusion : la présence accrue de cabernet-sauvignon sur graves profondes devrait accentuer la dimension médocaine de Chasse-Spleen. Cette formule ne doit pas être comprise comme un slogan. Elle renvoie à une structure plus droite, à une trame tannique plus affirmée et à une aptitude possible à évoluer avec le temps lorsque le millésime le permet.
Le cabernet-sauvignon apporte souvent de la colonne vertébrale à l’assemblage. Il peut évoquer, selon la maturité et l’élevage, le cassis, le cèdre, les épices ou une note de graphite. Le merlot, de son côté, donne généralement davantage de rondeur et de chair. Réunir des parcelles complémentaires permet d’ajuster leur dialogue sans forcer le trait.
Une innovation fondée sur le parcellaire, pas sur l’effet d’annonce
L’innovation viticole ne passe pas toujours par une machine neuve ou une cuvée spectaculaire. À Chasse-Spleen, elle réside d’abord dans une meilleure capacité à lire le parcellaire. Une propriété plus étendue, dotée de sols diversifiés, peut multiplier les essais de conduite de vigne, affiner les dates de vendange et séparer les vinifications selon l’identité de chaque îlot.
Cette exploration demande du temps. Après une acquisition, les équipes doivent observer plusieurs cycles végétatifs avant de tirer des conclusions solides. Il faut voir comment les vignes réagissent à un printemps humide, à un été sec, à une maturation rapide ou à des vendanges retardées par la pluie. Un grand terroir ne se résume pas à une carte : il se vérifie millésime après millésime.
La notion de limites prend alors une autre dimension. Chasse-Spleen ne cherche pas seulement à repousser les limites de sa surface ; le domaine cherche à élargir sa capacité de sélection. Dans les années généreuses, certaines parcelles pourront donner des raisins concentrés et structurés. Dans les années plus délicates, la diversité des sols offrira des solutions pour préserver l’équilibre global.
Un bon assemblage ressemble moins à une addition qu’à une conversation. Un lot issu de graves peut apporter de la tension et de l’allonge ; un lot provenant d’un sol plus frais peut préserver le fruit et modérer une maturité trop poussée. Cette capacité d’arbitrage devient d’autant plus importante avec des saisons viticoles souvent contrastées.
Pour le lecteur qui choisit une bouteille, il n’est pas nécessaire de connaître chaque parcelle par son nom. Il est en revanche utile de retenir que l’acquisition de Brillette apporte à Chasse-Spleen une gamme de graves plus large, donc une possibilité accrue de construire des vins nuancés. Voilà ce qui donne du poids à l’opération, bien davantage que le seul chiffre des hectares.
Cette précision géologique impose une discipline : plus le domaine possède de possibilités, plus il doit savoir renoncer à l’uniformité. La vraie profondeur ne vient pas de la taille du vignoble, mais de l’usage exigeant que l’on fait de chaque sol.
Chasse-Spleen hors classement de 1855 : comment lire sa place dans le Médoc
Chasse-Spleen appartient à ces propriétés qui rappellent une évidence : dans le Médoc, un classement historique ne résume jamais toute la qualité d’un vin. Le domaine n’est pas Grand Cru Classé dans la classification impériale de 1855. Il ne s’appuie pas non plus, dans sa communication actuelle, sur la bannière Cru Bourgeois. Pourtant, son nom figure depuis longtemps parmi les repères cités lorsqu’il est question de Moulis-en-Médoc.
Cette position peut dérouter les acheteurs habitués aux hiérarchies bordelaises. Beaucoup cherchent d’abord un classement sur l’étiquette, comme on chercherait un label unique permettant de trancher. Or une bouteille demande une lecture plus large : appellation, producteur, millésime, style de vinification, conditions de conservation et prix pratiqué comptent tout autant.
Moulis-en-Médoc est la plus petite des appellations communales du Médoc. Elle n’a pas la notoriété immédiate de Margaux, Saint-Julien ou Pauillac, mais elle peut proposer des vins de garde construits sur les graves et sur une alliance classique entre cabernet-sauvignon, merlot et, selon les propriétés, cabernet franc ou petit verdot. Chasse-Spleen et Château Poujeaux jouent, chacun à leur manière, un rôle moteur dans la visibilité de cette appellation.
Le nom de Chasse-Spleen a aussi contribué à sa notoriété. Il possède une résonance littéraire qui intrigue, mais le prestige durable d’un cru ne tient jamais à une belle appellation seule. Ce qui fidélise les amateurs, c’est la cohérence entre un nom, un lieu et le contenu du verre. Une bouteille séduisante mais irrégulière disparaît vite des caves ; un vin fiable trouve son public sur plusieurs décennies.
Choisir une bouteille sans confondre réputation et garantie automatique
Le bon réflexe consiste à ne pas acheter un millésime sur le seul prestige du château. Il faut regarder l’année, le mode de stockage et la date à laquelle la bouteille sera ouverte. Un vin jeune et structuré peut paraître fermé ; le même vin, après quelques années de repos dans de bonnes conditions, peut gagner en harmonie et en complexité.
Voici des repères utiles lorsque Chasse-Spleen se trouve chez un caviste ou sur une carte de restaurant :
- Vérifiez l’appellation : l’étiquette doit indiquer Moulis-en-Médoc, une AOC du Médoc.
- Demandez le millésime : il influe sur la maturité, la fraîcheur et le potentiel d’évolution.
- Contrôlez la conservation : une bouteille exposée à la chaleur ou à la lumière perd rapidement son intérêt.
- Évitez les prix incohérents : un tarif très bas pour un vieux millésime réputé appelle une vérification sérieuse de provenance.
- Prévoyez le service : une température autour de 16 à 18 °C et une aération adaptée servent mieux un rouge médocain qu’une ouverture précipitée.
Le terme de pionnier peut s’appliquer à Chasse-Spleen dans un sens prudent. Le domaine ne prétend pas réécrire seul l’histoire de Moulis. En revanche, sa capacité à consolider des terroirs voisins, tout en préservant une identité de cru, montre qu’une propriété non classée en 1855 peut continuer à avancer sans se laisser enfermer par les anciennes catégories.
Cette indépendance de lecture est utile au consommateur. Elle évite de réduire Bordeaux à un palmarès figé et invite à regarder les domaines qui travaillent avec constance. Dans une cave comme à table, le classement peut orienter ; il ne doit jamais remplacer le goût, le contexte et l’attention portée à l’origine.
La place de Chasse-Spleen se mesure donc moins à une ligne dans un registre ancien qu’à sa faculté de rester lisible dans le verre. Avec l’intégration de Brillette, cette lisibilité devra désormais s’exprimer sur une palette de terroirs plus vaste.
L’aventure familiale Villars-Foubet et Flageul derrière l’expansion de Chasse-Spleen
Une acquisition viticole ne se décide pas seulement dans un bureau, entre une expertise et un acte de vente. Dans le cas de Chasse-Spleen et de Brillette, l’histoire familiale éclaire le choix du repreneur. Les familles Villars-Foubet et Flageul sont liées depuis plusieurs générations, et leur installation à Moulis remonte au début des années 1970.
Cette proximité n’efface pas les réalités économiques, mais elle donne une cohérence particulière à la transmission. Lorsque les autres activités de la famille Flageul ont demandé davantage de temps, la cession du terroir de Brillette s’est orientée vers un voisin capable de poursuivre le travail viticole sans déraciner le vignoble de son environnement médocain.
Céline Villars-Foubet et Jean-Pierre Foubet représentent la troisième génération à la tête de Chasse-Spleen depuis l’acquisition du domaine par Jacques Merlaut en 1976. Cette continuité compte dans le vin. Elle permet d’inscrire les décisions dans le temps long, là où une vigne plantée aujourd’hui ne révèle son plein intérêt qu’après plusieurs années.
La famille Merlaut a marqué durablement le paysage viticole bordelais. À Chasse-Spleen, l’enjeu n’est pas de vivre sur un héritage, mais de l’entretenir par des choix concrets. L’achat de Brillette témoigne de cette volonté : consolider le foncier là où le terroir est pertinent, plutôt que de rechercher une croissance dispersée ou sans lien avec l’identité du cru.
Il y a une différence nette entre acquérir une marque et reprendre un terroir. Une marque peut être déplacée, relancée ou modifiée selon les impératifs commerciaux. Un terroir, lui, oblige à composer avec des parcelles, des vignerons, un climat local et une mémoire agricole. C’est pourquoi l’expansion de Chasse-Spleen doit se lire comme une aventure territoriale avant d’être une opération de volume.
Un défi de transmission entre mémoire et progression
La transmission réussie ne consiste pas à conserver chaque geste à l’identique. Elle suppose de respecter ce qui a fait la valeur d’un lieu tout en adaptant le travail aux exigences du présent. Les outils de suivi parcellaire, les choix de vendange ou les pratiques de chai peuvent évoluer, mais ils n’ont de sens que s’ils servent la précision du vin.
Cette progression est particulièrement délicate à l’échelle de 135 hectares. Le domaine doit conserver une direction claire tout en prenant en compte un plus grand nombre de situations. Il faut coordonner les équipes, distinguer les parcelles prometteuses, suivre les maturités et décider de la destination de chaque lot. L’expansion donne des atouts ; elle augmente aussi la responsabilité de ceux qui les conduisent.
Un exemple simple permet de le comprendre. Si une parcelle de cabernet-sauvignon sur graves atteint une maturité équilibrée tandis qu’une autre accuse quelques jours de retard, récolter les deux en même temps serait une facilité coûteuse. Les vinifier séparément, puis les goûter avant assemblage, demande davantage de travail mais protège la personnalité de chacune. C’est dans ces décisions modestes que se joue la qualité finale.
Le mot aventure ne renvoie donc pas à une prise de risque aveugle. Il décrit un mouvement réfléchi, fondé sur la confiance entre deux familles et sur la connaissance d’un territoire. La cession de Brillette à Chasse-Spleen garde ainsi une dimension humaine que les seuls chiffres ne racontent pas.
À Moulis, le paysage viticole évolue sans rompre avec ses repères. Cette continuité familiale donne à l’opération un relief particulier : les parcelles changent de main, mais restent entre des mains qui connaissent déjà les chemins, les sols et les exigences du cru.
Quel avenir pour Chasse-Spleen après cette expansion audacieuse en 2026
En 2026, il serait prématuré de juger cette expansion sur une seule bouteille ou sur un seul commentaire de dégustation. La vigne impose un calendrier plus long que celui de l’actualité. L’intégration des terroirs de Brillette se mesurera sur plusieurs millésimes, à travers les choix de plantation, les sélections parcellaires, les assemblages et la manière dont les nouveaux lots trouveront leur place dans la gamme.
Le premier enjeu sera de préserver la signature de Chasse-Spleen. Un domaine qui s’agrandit peut être tenté de lisser son style pour produire plus facilement. Ce serait une erreur. Les amateurs attendent d’un Moulis une certaine franchise de structure, un fruit tenu par des tanins présents mais sans dureté, et une fraîcheur capable d’accompagner l’évolution en cave.
Le second enjeu concerne la hiérarchie des vins. Disposer d’un ensemble plus vaste permet de renforcer la sélection destinée au premier vin et d’orienter d’autres lots vers des cuvées distinctes lorsque cela est nécessaire. Cette organisation ne garantit rien à elle seule, mais elle offre une marge de précision bienvenue lors des années irrégulières.
Le troisième enjeu est environnemental au sens agricole du terme : observer les sols, l’eau, la vigueur des ceps et la réponse des parcelles aux conditions météo. Une grave qui semble idéale sur le papier peut se comporter différemment selon la sécheresse estivale, la date des pluies ou l’intensité d’un épisode chaud. L’exploration ne s’arrête jamais une fois l’acte d’achat signé.
Pour l’amateur, cette période peut devenir intéressante à suivre. Les premiers millésimes issus d’une meilleure intégration des parcelles de Brillette permettront d’observer si la promesse annoncée se traduit par davantage de profondeur et par une expression plus affirmée du cabernet-sauvignon. Il faudra les comparer avec mesure, sans attendre une métamorphose brutale du jour au lendemain.
Comment suivre la progression de Chasse-Spleen sans se laisser guider par le bruit
La méthode la plus fiable reste simple : goûter des millésimes différents dans de bonnes conditions et prendre des notes courtes. Un repas, une température de service trop élevée ou une bouteille mal conservée peuvent tromper le jugement. Il vaut mieux comparer deux années à quelques mois d’intervalle que tirer une conclusion définitive après une seule dégustation.
Un accord de table permet également de vérifier l’équilibre d’un vin. Un rouge de Moulis structuré s’exprime volontiers avec une côte de bœuf grillée, une épaule d’agneau rôtie ou un magret servi sans sauce sucrée. Les tanins ont besoin d’un plat qui leur réponde ; face à une préparation trop légère, le vin peut sembler plus sévère qu’il ne l’est réellement.
Il convient aussi de distinguer l’ambition du domaine et la réalité du marché. L’expansion n’autorise pas tous les prix. Lorsqu’un caviste propose Chasse-Spleen, le consommateur peut demander l’origine de la bouteille, le millésime disponible, les conditions de stockage et le délai conseillé avant ouverture. Ce sont des questions concrètes, bien plus utiles que les promesses grandiloquentes.
Chasse-Spleen avance ainsi sur une ligne exigeante : grandir sans diluer son identité, intégrer les graves de Brillette sans les réduire à un argument, et démontrer par les vins ce que le projet annonce sur le papier. Cette démarche constitue un défi sérieux, mais elle repose sur des bases territoriales précises.
Le repère à garder est celui-ci : une expansion viticole vaut par la qualité des parcelles qu’elle rassemble et par la rigueur avec laquelle elles sont interprétées. À Chasse-Spleen, les quatre croupes de graves de Brillette seront les premières à parler, verre après verre.
Pourquoi Chasse-Spleen a-t-il acheté Château Brillette ?
L’acquisition annoncée au début de 2023 apporte environ trente hectares, dont quatre croupes de graves. Elle permet à Chasse-Spleen d’élargir sa palette de sols et de renforcer la place du cabernet-sauvignon sur des graves profondes.
Quelle est la surface de Chasse-Spleen après cette expansion ?
Après l’intégration des terroirs de Brillette, l’ensemble de Chasse-Spleen représente environ 135 hectares. Cette surface ne signifie pas que toutes les parcelles sont destinées au même vin : la sélection parcellaire reste déterminante.
Chasse-Spleen est-il un Grand Cru Classé de 1855 ?
Non. Chasse-Spleen ne fait pas partie du classement de 1855. Sa réputation repose sur son implantation à Moulis-en-Médoc, la régularité de ses vins et sa place historique parmi les domaines marquants de l’appellation.
Quels cépages peuvent profiter des graves de Brillette ?
Les graves profondes conviennent particulièrement bien au cabernet-sauvignon, cépage majeur des assemblages médocains. Selon les parcelles et les millésimes, le merlot, le cabernet franc ou le petit verdot peuvent aussi entrer dans la composition des vins.