Cyrhus est un vin de Syrah, ou Shiraz, né près de Bergerac mais tourné vers la mémoire viticole perse. Derrière la bouteille, il y a un vignoble de deux hectares, un cépage choisi pour son lien avec Chiraz, des amphores et une histoire familiale qui donne à chaque dégustation une portée plus large que le seul plaisir du verre.
Ce vin ne cherche pas à imiter une appellation ancienne ni à se déguiser en bouteille historique. Il propose plutôt une lecture contemporaine d’un héritage interrompu : celui des raisins cultivés autrefois autour de Shiraz et de Persépolis, puis effacés par l’histoire récente de l’Iran.
Repères essentiels
- Origine : Cyrhus est élaboré en Aquitaine, sur le secteur de Montravel, entre Bergerac et Saint-Émilion.
- Cépage : la cuvée repose sur la Syrah, appelée Shiraz dans de nombreux pays.
- Élevage : les amphores en terre cuite participent à la signature du vin et à son expression de fruit.
- Esprit : le projet rend hommage à l’histoire du vin perse et au parcours de Masrour Makaremi, né à Shiraz.
- Service : une température de 15 à 16 °C permet de garder de la fraîcheur et de lire les arômes sans durcir les tanins.
Pas le temps de tout lire ? Voilà ce qu’il faut retenir
| Repère | Ce qu’il faut regarder | Usage à table |
|---|---|---|
| Lieu de production | Montravel, en Aquitaine | Vin de repas, plutôt sur une cuisine parfumée |
| Cépage | Syrah, nommée Shiraz dans la référence persane | Viandes grillées, aubergine, agneau, plats mijotés |
| Vinification | Travail en amphores, selon la cuvée | Carafage modéré conseillé pour les millésimes jeunes |
| Profil | Fruit noir, épices, fraîcheur, texture tenue | À servir sans excès de chaleur |
Cyrhus, un vin de Bergerac qui porte la mémoire de Shiraz
Le premier secret de Cyrhus tient à son déplacement géographique. Le vin est français par son sol et par son lieu de production, mais il est nourri par une mémoire iranienne précise. Masrour Makaremi est né à Shiraz en 1977, dans une période où l’Iran basculait vers une révolution politique dont les effets allaient marquer durablement les familles opposées aussi bien au régime impérial qu’au pouvoir théocratique installé en 1979.
Cette biographie ne doit pas servir d’étiquette décorative. Elle explique le sens du projet. Les parents de Masrour Makaremi, engagés dans l’opposition politique, ont été emportés par la répression : sa mère a été emprisonnée puis exécutée, tandis que son père a trouvé refuge en France. L’enfant a d’abord été élevé par sa grand-mère et son oncle avant de quitter l’Iran en 1986, pendant la guerre Iran-Irak.
Un vin ne répare pas une histoire familiale. Il peut toutefois donner une forme à ce qui risquerait de rester silencieux. Cyrhus est né de cette volonté : faire circuler une idée de la Perse viticole dans un autre paysage, avec des outils de vigneron d’aujourd’hui. Le nom choisi renvoie à Cyrus le Grand, fondateur de l’Empire perse au VIe siècle avant notre ère, souvent associé au cylindre de Cyrus, document majeur de l’Antiquité perse.
Le projet s’appuie également sur une réalité historique : la région de Shiraz est liée, dans les récits culturels comme dans la tradition littéraire, au vin, aux jardins et à la poésie. Hafez, poète persan né à Shiraz au XIVe siècle, y a donné au vin une place symbolique considérable. Dans ses textes, la coupe n’est pas seulement un objet de table ; elle porte l’amour, la liberté de pensée, la mélancolie et la fête. Cette résonance explique mieux Cyrhus qu’un argument publicitaire.
Les chiffres parfois avancés sur la surface du vignoble iranien avant 1979 doivent être reçus avec prudence : les sources disponibles ne permettent pas toutes de comparer les périodes et les méthodes de recensement. Ce qui est établi, en revanche, est que la production commerciale de vin a été interdite après la révolution islamique, à l’exception de situations encadrées pour certaines minorités religieuses. Le lien entre l’Iran et la viticulture demeure donc surtout historique, culturel et diasporique.
À Bergerac, Masrour Makaremi a exercé la médecine tout en conservant les images de son enfance : les collines, les plantations et cette proximité de Shiraz avec Persépolis, ancienne capitale achéménide. Dans les années 2010, son idée rencontre le savoir-faire de Grégory Dubard, vigneron. Le passage du souvenir au vignoble devient alors concret : une parcelle, des raisins, des choix de culture, un calendrier de vendange et des gestes de cave.
Cette rencontre entre un porteur de récit et un professionnel de la vigne évite que Cyrhus ne devienne un simple objet commémoratif. Le vin doit d’abord tenir dans le verre. Sa place se joue sur l’équilibre, sur la qualité du fruit, sur la précision de l’élevage et sur sa capacité à accompagner un repas. L’histoire attire l’attention ; la dégustation, elle, décide si la bouteille mérite d’être ouverte une seconde fois.
Le fil conducteur est là : un amateur qui découvre Cyrhus ne goûte pas un « vin iranien » produit en Iran, mais une Syrah d’Aquitaine pensée comme un dialogue entre deux territoires. Cette nuance est importante. Elle évite de transformer l’origine en argument flou et respecte à la fois le terroir français où poussent les vignes et la culture perse qui inspire le projet.
Cyrhus se comprend donc comme un vin de lieu, de cépage et de mémoire : enlever l’un de ces trois éléments ferait perdre une part essentielle de sa lecture.

Quel terroir et quel cépage façonnent le style du vin Cyrhus ?
Le deuxième secret est moins littéraire : il se trouve dans le sol. Cyrhus prend naissance dans le secteur de Montravel, à l’ouest de Bergerac, dans une zone située entre Bergerac et Saint-Émilion. Cette partie de l’Aquitaine viticole est connue pour ses terrains argilo-calcaires, capables d’apporter à la fois une réserve d’eau utile en été et une certaine tension dans les vins lorsque les rendements sont bien maîtrisés.
Un terroir n’est pas une formule magique. Il réunit un sol, un sous-sol, une exposition, un climat, des pratiques viticoles et des décisions humaines. Sur un coteau bien orienté, la vigne reçoit la lumière nécessaire à la maturité des raisins, tandis que l’argile retient une part de l’humidité et que le calcaire peut contribuer à une sensation de fraîcheur. La Syrah apprécie ce compromis : elle demande du soleil pour mûrir ses peaux et ses tanins, sans rechercher une chaleur qui ferait tomber l’acidité.
Le choix de la Syrah n’est pas un hasard de cave. Shiraz est l’un des noms internationaux de ce cépage, même si l’emploi du mot ne signifie pas que les raisins viennent de la ville iranienne. En France, l’usage courant est « Syrah » ; en Australie, en Afrique du Sud ou dans certaines cuvées à vocation culturelle, « Shiraz » est fréquent. Cyrhus joue avec cette double dénomination sans nier la réalité ampélographique : il s’agit du même cépage.
Dans le verre, une Syrah bien conduite peut donner des arômes de mûre, de myrtille, de cerise noire, parfois de violette, de poivre, d’olive noire ou de fumée légère. Ces repères ne sont pas des cases obligatoires. Ils varient selon le millésime, la maturité des raisins, la date de récolte et la vinification. Une année chaude peut accentuer la chair et les notes de fruit mûr ; une saison plus fraîche peut souligner le poivre, les fleurs et une ligne plus nerveuse.
Le millésime compte davantage que l’étiquette poétique
Un amateur attentif doit toujours regarder le millésime. La même parcelle ne produit jamais exactement le même vin d’une année à l’autre. Au printemps, les épisodes de gel peuvent réduire la récolte. En été, la sécheresse ou les pluies tardives modifient la concentration et l’état sanitaire des grappes. À l’approche des vendanges, quelques jours de différence peuvent faire basculer le style vers un fruit plus frais ou vers une matière plus généreuse.
C’est la raison pour laquelle il ne faut pas demander si Cyrhus est « bon » de façon abstraite. La meilleure question est : quel millésime est proposé, comment a-t-il été vinifié et à quel moment faut-il le boire ? Un caviste sérieux doit pouvoir donner au moins ces trois indications. S’il n’a que des phrases vagues sur un vin « rare » ou « puissant », mieux vaut passer son chemin.
La Syrah de Cyrhus ne doit pas être confondue avec un rouge corse de niellucciu ou de sciaccarellu. Les familles aromatiques, le climat et les sols diffèrent. Pour situer les cépages de l’île et leur rapport aux plats, la lecture de ce guide du vin corse rouge au niellucciu permet de faire une comparaison utile, sans chercher des équivalences forcées.
Le terrain aquitain de Cyrhus ne raconte pas les schistes du Cap Corse, ni les granits d’Ajaccio, ni les calcaires de Patrimonio. Il raconte un autre paysage, plus atlantique dans son influence, avec une tradition bordelaise et bergeracoise autour de lui. C’est précisément ce décalage qui donne sa cohérence au projet : une vigne française, une variété internationale et une inspiration perse, sans confusion des origines.
À table, cette connaissance du terroir aide à éviter les mauvais accords. Une Syrah de coteau, portée par des tanins présents mais non massifs, demande un plat qui lui répond sans l’écraser. Un agneau rôti aux herbes, une épaule longuement cuite, des aubergines grillées ou une viande de canard bien saisie fonctionnent mieux qu’un poisson délicat. Les épices douces, le cumin et le poivre noir peuvent prolonger ses arômes sans les couvrir.
Le caractère de Cyrhus vient moins d’un symbole lointain que de l’alliance très concrète entre un coteau argilo-calcaire, une Syrah mûrie avec mesure et les choix d’un millésime.
Pourquoi les amphores dévoilent autrement les arômes de Cyrhus
Les amphores sont souvent présentées comme un retour à l’origine. La formule est séduisante, mais elle mérite d’être précisée. Une amphore n’améliore pas un vin par principe. Elle est un contenant de vinification ou d’élevage dont l’effet dépend de sa forme, de sa porosité, de sa taille, de son revêtement intérieur et de la façon dont le vigneron l’emploie.
Dans le cas de Cyrhus, le recours à la terre cuite fait écho aux pratiques très anciennes de fermentation et de conservation du vin dans les civilisations du Proche-Orient. Les hauts plateaux du Zagros, situés dans l’actuel Iran, comptent parmi les régions fréquemment citées dans l’étude des premiers usages du raisin fermenté. Il faut cependant distinguer l’archéologie, qui travaille sur des traces et des résidus, de la communication moderne autour des contenants. Une amphore contemporaine n’est pas une reconstitution exacte d’un vin antique.
Le choix garde pourtant du sens. Par rapport à une cuve inox, neutre et étanche, la terre cuite peut laisser s’opérer des échanges d’oxygène très progressifs. Par rapport au fût de chêne, elle ne transmet pas automatiquement les notes de vanille, de toast ou de bois grillé qui marquent certaines cuvées. Le vin reste donc plus directement au contact de son fruit et de sa matière, avec une évolution lente si le contenant est bien maîtrisé.
Une texture plus que du folklore
Lors d’une dégustation, il est utile de chercher ce que l’amphore apporte réellement. Sur une Syrah, elle peut favoriser une bouche souple, une expression nette des fruits noirs et une perception moins boisée. Elle ne supprime ni les tanins ni la structure : tout dépend du travail de macération, de l’extraction et du niveau de maturité des pellicules. Le mot « amphore » ne dispense donc jamais de goûter.
Une méthode simple consiste à observer trois étapes. D’abord le nez : les arômes de violette, de poivre ou de baie noire sont-ils nets, sans domination d’un élevage marqué ? Ensuite la bouche : le vin garde-t-il de l’allonge après la première gorgée, ou s’effondre-t-il dans une sensation sucrée et chaude ? Enfin la finale : les tanins sont-ils fins, secs ou trop agressifs ? Cette lecture reste plus utile que la recherche d’une saveur prétendument antique.
Le domaine associe aussi son récit à une amphore sassanide préislamique ayant contenu du vin perse il y a plusieurs siècles. Cet objet possède avant tout une valeur de mémoire et de transmission. Dans une cave actuelle, les exigences sanitaires, le contrôle des températures et le suivi des fermentations sont ceux de l’œnologie moderne. C’est là que Cyrhus devient intéressant : la référence historique ne remplace pas les techniques contemporaines, elle les accompagne.
Pour un acheteur, l’élevage en amphore ne doit pas devenir une raison suffisante de payer n’importe quel prix. Il faut demander si ce choix concerne toute la cuvée ou seulement une partie du volume, quelle est la durée de l’élevage et quel est le profil recherché. Un producteur qui explique ces éléments inspire davantage confiance qu’une étiquette saturée de mystère.
La carafe peut aussi être utile, mais sans automatisme. Sur un Cyrhus jeune, trente à quarante-cinq minutes d’ouverture permettent souvent aux arômes de s’installer. Une aération de plusieurs heures n’est pas forcément souhaitable : une Syrah travaillée pour le fruit peut perdre son relief si elle s’oxyde trop vite. Servez le vin dans un verre assez large, sans le remplir au-delà du tiers, afin que les parfums puissent se déployer.
La température est un autre point souvent négligé. Un rouge servi à 20 °C paraît plus alcooleux, plus lourd et moins précis. Autour de 15 à 16 °C, Cyrhus conserve mieux son éclat. Il suffit souvent de placer la bouteille vingt minutes au réfrigérateur avant le repas, surtout dans une salle à manger chauffée ou lors d’une soirée d’été.
Cette façon de servir rejoint une règle valable pour beaucoup de rouges méditerranéens et insulaires. Les amateurs qui apprécient un Patrimonio pourront comparer les logiques d’accords dans ce repère sur les cépages et les mets du Patrimonio. Les vins ne sont pas semblables, mais la recherche de fraîcheur au service les rapproche.
L’amphore ne livre pas un secret tout fait : elle donne au vin une autre respiration, que seule une dégustation attentive permet de reconnaître.
Comment réussir la dégustation de Cyrhus et les accords à table
Une bouteille comme Cyrhus gagne à être ouverte dans un contexte simple : un repas préparé avec soin, quelques verres adaptés et des convives prêts à parler du vin sans lui demander de raconter toute l’histoire à leur place. L’étiquette peut susciter la curiosité. Ensuite, le repas doit prendre le relais.
Le service commence par la température. Entre 15 et 16 °C, la Syrah montre mieux ses arômes de fruits noirs, d’épices et de fleurs. Si la bouteille est conservée dans une pièce à 18 ou 19 °C, un passage bref au frais suffit. À l’inverse, un vin sorti d’une cave froide peut demander dix minutes sur la table avant d’être versé. Ce réglage semble modeste, mais il change franchement la perception des tanins.
Il est préférable de prévoir un verre à pied à la paraison large. Inutile de sortir une verrerie compliquée : un verre propre, transparent et assez ouvert fera l’affaire. Versez une petite quantité, observez la robe, puis faites tourner le vin doucement. Une couleur rubis dense, tirant vers le violacé dans sa jeunesse, correspond généralement au registre attendu d’une Syrah. Avec le temps, les reflets peuvent se faire plus grenat.
Lire le vin en trois gestes
- Sentir sans agiter : le premier nez renseigne sur la fraîcheur du fruit et l’état du vin. Cherchez des notes de mûre, de cerise noire ou de violette.
- Faire tourner le verre : l’oxygène libère souvent le poivre, les épices, une touche fumée ou des nuances de réglisse selon le millésime.
- Goûter avant de commenter : observez l’équilibre entre le fruit, l’acidité, les tanins et la longueur. Un vin vivant laisse une trace nette sans assécher le palais.
La cuisine persane offre des pistes naturelles, sans prétendre enfermer Cyrhus dans un seul répertoire. Une épaule d’agneau parfumée au cumin et aux herbes, des brochettes de viande grillée, un riz aux fruits secs servi avec une volaille épicée ou des aubergines rôties à l’ail trouvent un bon répondant dans une Syrah fraîche. Le vin aime les saveurs rôties, les chairs fondantes et les épices non brûlantes.
Sur une table française, le canard constitue un accord évident, surtout avec une cuisson rosée et une sauce peu sucrée. Un magret accompagné de légumes grillés fonctionne mieux qu’une sauce au miel trop marquée, qui durcirait la sensation d’alcool. Les côtelettes d’agneau, le bœuf grillé et une daube aux olives noires peuvent également convenir, à condition de ne pas forcer sur le piment.
Pour un repas corse, il faut rester mesuré. Une charcuterie très grasse et fortement fumée peut prendre le dessus sur le vin ; une coppa fine ou un lonzu peu salé seront plus faciles à marier. Un fromage de brebis affiné, sans excès d’amertume, peut prolonger les notes épicées de la Syrah. Le brocciu frais, produit saisonnier de l’hiver et du début du printemps, appelle plutôt un blanc ou un rouge très léger : Cyrhus n’est pas son compagnon le plus naturel.
Le pain compte aussi. Une miche au levain, des légumes confits et quelques herbes fraîches composent une assiette plus juste qu’un plateau surchargé. Le vin ne demande pas une démonstration culinaire. Il a besoin d’un plat qui garde de la mâche et d’une chaleur aromatique suffisante pour répondre à sa structure.
Si la bouteille est ouverte sans repas, prévoyez des bouchées sobres : olives noires peu salées, noix, caviar d’aubergine, tranches fines de viande séchée ou fromage de brebis. Les canistrelli anisés ne sont pas l’accord prioritaire d’un rouge de Syrah ; ils trouveraient davantage leur place avec un blanc sec, comme l’explique cette page sur les canistrelli au vin blanc et à l’anis.
Un exemple suffit à fixer le repère : pour un dîner de six personnes, une bouteille de 75 cl accompagne correctement une épaule d’agneau de 1,5 kg servie avec des aubergines rôties et du riz. Ouvrez Cyrhus quarante minutes avant, servez-le frais sans le glacer, puis gardez une part du plat pour le lendemain. Le vin, s’il reste, évoluera souvent bien sur vingt-quatre heures au réfrigérateur, bouché et remis à température avant service.
La meilleure dégustation de Cyrhus ne cherche pas l’effet spectaculaire : elle laisse le cépage, le plat et le récit du vin se répondre avec précision.
Où choisir Cyrhus et quels critères vérifier avant l’achat
Acheter Cyrhus suppose de distinguer le récit du produit réel. L’histoire de Masrour Makaremi donne une force singulière à la cuvée, mais l’acheteur doit conserver les mêmes réflexes que pour n’importe quel vin : vérifier le millésime, le format, le lieu de conservation, la disponibilité et les conditions de livraison. Une bouteille sérieuse n’a pas besoin d’être entourée d’informations imprécises.
Le premier canal logique reste la vente directe, lorsque le domaine propose la cuvée disponible et expédie dans de bonnes conditions. Un caviste indépendant peut aussi être un bon intermédiaire, à condition qu’il connaisse le vin, qu’il l’ait conservé à l’abri de la chaleur et qu’il sache dire depuis quand il est en rayon. Dans les grandes surfaces, la présence éventuelle d’une référence ne garantit pas le suivi du stock ni l’état de conservation.
Une bouteille exposée durant des mois sous des spots ou près d’une vitrine chaude risque de fatiguer avant même son ouverture. Regardez le niveau de vin, l’état de la capsule et celui de l’étiquette. Une étiquette légèrement marquée n’est pas un drame ; une capsule collante, un niveau anormalement bas ou des traces de fuite demandent davantage de prudence. Ce sont des gestes simples, mais ils évitent de juger un vin sur une bouteille maltraitée.
Les questions utiles à poser au vendeur
- Quel millésime est actuellement disponible et quelle est sa fenêtre de dégustation ?
- La cuvée est-elle majoritairement vinifiée ou élevée en amphores, et comment cela se traduit-il dans le style ?
- Depuis combien de temps les bouteilles sont-elles conservées au magasin ?
- Le prix affiché correspond-il à une bouteille de 75 cl ou à un autre format ?
- En cas d’achat à distance, la livraison évite-t-elle les périodes de chaleur importante ?
Il n’est pas utile d’inventer une hiérarchie de prix sans connaître le millésime, les coûts de distribution et le format choisi. En revanche, un prix sensiblement inférieur à celui pratiqué par le domaine ou les cavistes spécialisés doit appeler une vérification : est-ce une ancienne référence, un stock finissant, une bouteille exposée, ou une erreur de fiche ? La vigilance ne signifie pas la méfiance systématique ; elle permet simplement d’acheter avec des repères.
Pour une première découverte, mieux vaut commencer par une bouteille plutôt que par une caisse. Cyrhus possède une identité marquée, et le goût reste personnel. Si le vin convient, il devient raisonnable de reprendre quelques bouteilles d’un même millésime et d’en ouvrir une à différents moments. Cette méthode permet de constater son évolution et de comprendre si l’on préfère son fruit de jeunesse ou ses notes plus fondues après quelques années.
Le rangement à domicile est tout aussi important. Gardez les bouteilles couchées, dans un endroit sombre, sans variations brutales de température. Un placard éloigné du four, d’un radiateur ou d’un mur plein sud vaut mieux qu’une étagère décorative dans une cuisine chaude. Le vin ne réclame pas forcément une cave monumentale ; il réclame surtout de la stabilité.
Dans une logique de découverte, Cyrhus peut aussi être placé à côté de deux autres bouteilles : une Syrah du Rhône septentrional et un rouge de niellucciu de Patrimonio. Le but n’est pas de désigner un vainqueur, mais de mesurer les écarts de cépage, de climat et d’élevage. Une telle comparaison rend le vocabulaire moins abstrait : l’épice, la fraîcheur, la structure ou la maturité deviennent alors des sensations vérifiables dans le verre.
Les contenus commerciaux éventuels doivent toujours être signalés lorsqu’un lien rémunéré intervient. Un lecteur a le droit de savoir si une recommandation participe à l’économie d’un média. La règle reste simple : l’origine, le producteur et les conditions de conservation justifient un conseil ; la seule commission ne le justifie jamais.
Le geste le plus utile consiste donc à noter le millésime sur votre téléphone au moment de l’achat, puis à inscrire la date d’ouverture après le repas. Lors de la bouteille suivante, la mémoire devient un vrai outil de dégustation.
Avant de choisir Cyrhus, retenez ce critère concret : un vendeur fiable doit pouvoir nommer le millésime, expliquer la conservation et situer clairement le vignoble de Montravel.
Cyrhus est-il un vin iranien ?
Cyrhus est produit en Aquitaine, dans le secteur de Montravel. Son inspiration renvoie à l’histoire viticole perse et aux origines iraniennes de Masrour Makaremi, mais les raisins sont cultivés en France.
Quel cépage compose le vin Cyrhus ?
La cuvée est issue de Syrah, cépage également appelé Shiraz dans plusieurs pays. Ce double nom fait écho à la ville de Shiraz, sans modifier l’origine française du vignoble.
Faut-il carafer Cyrhus avant de le servir ?
Pour un millésime jeune, une ouverture ou un carafage de trente à quarante-cinq minutes est généralement suffisant. Une aération trop longue peut atténuer l’éclat du fruit.
Avec quel plat servir Cyrhus ?
L’agneau rôti, le canard, les viandes grillées, les aubergines rôties et les plats aux épices douces conviennent bien à une Syrah de ce style. Servez-le autour de 15 à 16 °C.