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Festival de Lama : Saveriu Santucci incarne avec passion le chef de clan

28 septembre 2026 23 min de lecture Mis a jour 28 septembre 2026
Cet article a été généré par intelligence artificielle et publié sans révision humaine approfondie.

Festival de Lama : lors de la présentation de Le Royaume, Saveriu Santucci a retenu l’attention dans le rôle de Pierre-Paul, un chef de clan traqué et pourtant profondément attaché à sa fille. Agriculteur et guide de montagne à Perelli d’Alesani, il porte à l’écran une présence peu fabriquée, née d’une connaissance concrète des paysages, des silences et des rapports humains de l’intérieur de la Corse.

À retenir

  • Saveriu Santucci effectue dans Le Royaume son premier grand rôle au cinéma.
  • Il interprète Pierre-Paul, père en fuite et chef de clan dans le film de Julien Colonna.
  • Son recrutement est né d’une rencontre organisée après l’appel de Félix Benedetti puis de Julia Canarelli.
  • Le Festival de Lama met en lumière un cinéma corse attentif aux visages, aux territoires et aux trajectoires locales.
  • Cette présence d’acteurs non issus des circuits habituels nourrit une lecture concrète de la culture corse, sans la réduire au décor.

Pas le temps de tout lire ? Voilà ce qu’il faut retenir

Repère Élément essentiel Ce que cela apporte au film
Interprète Saveriu Santucci, agriculteur et guide de montagne de Perelli d’Alesani Une présence physique et un rapport naturel au territoire
Personnage Pierre-Paul, père protecteur et chef de clan menacé Un personnage de fuite, de tension et de transmission
Film Le Royaume, réalisé par Julien Colonna Un récit centré sur la relation entre un père et sa fille
Événement Festival de Lama, rendez-vous consacré au cinéma Une vitrine locale pour des œuvres liées à la Corse contemporaine

Festival de Lama : pourquoi Saveriu Santucci marque dans Le Royaume

Au Festival de Lama, la force de Saveriu Santucci ne vient pas d’un jeu démonstratif. Elle tient d’abord à une manière d’occuper le cadre. Son personnage, Pierre-Paul, n’a pas besoin de discours appuyés pour imposer l’inquiétude qui l’accompagne : un regard vers la route, une réponse écourtée, une posture de protection auprès de sa fille suffisent souvent à installer le danger.

Dans Le Royaume, Julien Colonna raconte une cavale sur fond de violence et de règlements de comptes. Pierre-Paul doit disparaître, déplacer les siens, préserver sa fille Lesia tout en sachant que l’espace autour de lui se referme. Le récit est donc celui d’un homme sous pression, mais il ne se limite pas au film de gangsters. Au centre, il y a une relation père-fille malmenée par les circonstances, avec ses maladresses, ses non-dits et quelques instants de proximité gagnés à contretemps.

Cette ligne de jeu convient à Saveriu Santucci parce qu’elle ne réclame pas l’apparat habituel du héros de cinéma. Le personnage reste un homme de terrain, habitué à regarder avant d’agir. Dans les séquences de déplacement, de halte ou de surveillance, l’acteur donne l’impression de connaître les reliefs, les distances et le prix du silence. Ce n’est pas un détail de décor : dans un film où le maquis, les villas isolées et les routes secondaires participent à la menace, cette crédibilité change la densité de chaque scène.

Le terme de chef de clan mérite toutefois d’être compris avec précision. Il ne désigne pas un portrait folklorique de la Corse ni une image de carte postale durcie par les armes. Pierre-Paul est présenté comme un homme pris dans un système de loyautés et de conflits. Son autorité ne le protège pas ; elle l’expose. Le film évite ainsi de faire de son personnage une silhouette toute-puissante. Il reste un père qui tente de garder une forme de contrôle alors que sa fille découvre un monde dont elle avait été tenue à l’écart.

Cette nuance explique l’écho rencontré lors des projections. Le public ne voit pas seulement un homme dangereux, mais quelqu’un qui mesure tardivement la part de son existence qu’il a cachée à son enfant. Le jeu de Saveriu Santucci se construit sur cette contradiction : protéger Lesia exige de lui révéler la violence dont il voulait précisément la préserver. Quand il se tait, son silence n’est jamais vide ; il devient une réponse insuffisante, presque une faute qui pèse sur la relation.

Le Festival de Lama possède, depuis plusieurs décennies, cette capacité à faire dialoguer les films avec le village qui les reçoit. Les projections en plein air, au cœur d’un site de montagne, donnent aux œuvres un contexte particulier sans leur voler leur autonomie. Dans le cas de Le Royaume, l’environnement corse n’est pas une décoration ajoutée après coup. Il est l’une des matières du récit : les routes, les maisons retirées, la végétation et les visages forment un espace vécu.

Pour le spectateur, ce choix de distribution rappelle une évidence : un territoire se raconte mieux lorsque ceux qui l’habitent ne sont pas réduits à un accent ou à une fonction. Saveriu Santucci ne joue pas « le Corse » au sens vague. Il donne à Pierre-Paul une présence précise, faite de retenue, d’autorité et de fragilité. C’est cette précision qui rend le personnage crédible, bien davantage que les codes attendus du film criminel.

La réception du rôle repose donc sur une alchimie simple : un acteur débutant, un réalisateur qui cherche une vérité de présence et un personnage dont la force tient autant à ses failles qu’à son pouvoir. Au Festival de Lama, cette rencontre rappelle que le cinéma peut faire émerger des voix locales sans les enfermer dans une image convenue. La crédibilité de Pierre-Paul naît moins de l’effet que d’une présence qui semble avoir toujours appartenu au paysage.

Saveriu Santucci : d’agriculteur de Perelli d’Alesani à acteur principal

Le parcours de Saveriu Santucci éclaire la singularité de son interprétation. Avant le cinéma, son quotidien est celui d’un agriculteur et d’un guide de montagne à Perelli d’Alesani, dans la région de la Castagniccia. Ce double ancrage compte : il suppose une familiarité avec les saisons, les chemins, les contraintes du relief et l’attention portée aux gens que l’on accompagne. Rien de cela ne remplace un travail d’acteur, mais cela constitue une matière humaine dont un réalisateur peut tirer parti.

Son arrivée dans le projet ne relève pas d’une candidature classique. D’après son récit, tout commence par un appel de Félix Benedetti. L’idée paraît d’abord invraisemblable à celui qui n’a aucune expérience de comédien. Puis Julia Canarelli prend contact et se déplace jusqu’à Perelli d’Alesani pour le rencontrer. La rencontre ne se résume pas à un essai rapide : elle permet de parler du projet, de filmer une première approche et de vérifier si un échange est possible.

Quelques semaines plus tard, Saveriu Santucci rencontre Julien Colonna. Le réalisateur lui présente l’histoire, le scénario et le sens qu’il entend donner au film. Cette étape est décisive, car accepter un rôle principal demande plus qu’une photogénie ou une ressemblance extérieure. Il faut saisir le mouvement général du personnage, ses contradictions et la relation centrale avec sa fille. Le récit l’intéresse parce qu’il ne s’adresse pas uniquement à un public corse : le lien entre un père et son enfant, lorsqu’il est bousculé par l’épreuve, est immédiatement lisible.

La décision n’est pourtant pas immédiate. Sa famille l’encourage à franchir le pas, et son fils Ghjacumu, engagé dans l’écriture pour le cinéma, participe à cette impulsion. Ce soutien ne relève pas d’un simple enthousiasme familial. Il aide à rendre concrète une proposition qui, pour un homme déjà pris par ses activités, pouvait sembler lointaine ou trop incertaine. L’acteur accepte alors de se laisser accompagner, sans prétendre maîtriser d’emblée les codes du plateau.

Un apprentissage qui ne s’improvise pas

Il serait faux de présenter ce passage au cinéma comme une apparition spontanée, sans préparation. Saveriu Santucci a travaillé le texte, revu l’équipe, participé à des ateliers et rencontré Ghjuvanna Benedetti, qui joue Lesia. Le naturel recherché par la caméra demande souvent davantage de rigueur qu’un jeu expressif. Il faut répéter sans rigidifier la parole, connaître les intentions sans les réciter et trouver une écoute réelle avec les autres interprètes.

La relation entre Pierre-Paul et Lesia dépend précisément de cette écoute. Une scène de père et fille ne tient pas seulement à ce qui est dit. Elle tient à l’espace entre les corps, à la manière d’éviter une question, de regarder ailleurs ou de protéger sans savoir comment rassurer. Le travail collectif permet à ces gestes de prendre place sans devenir mécaniques. Face à une jeune comédienne présente dans une grande partie du film, le personnage de Pierre-Paul doit être à la fois un refuge, une menace involontaire et une énigme.

Ce type de casting intéresse le cinéma français lorsque le réalisateur ne cherche pas un visage interchangeable. Dans certains films, des professionnels confirmés apportent une technique et une mémoire de plateau indispensables. Dans d’autres, le choix d’un acteur débutant permet de déranger des habitudes de jeu. Cela ne signifie pas que l’expérience vécue remplace l’interprétation : cela signifie qu’elle peut fournir un point de départ plus juste, à condition d’être encadrée par un travail sérieux de direction.

Le cas de Saveriu Santucci montre aussi qu’un parcours rural ne doit pas être traité comme un argument décoratif. Être agriculteur ou guide ne suffit pas à faire un personnage de cinéma. En revanche, ces métiers donnent une relation particulière au temps, aux lieux et à la parole donnée. Dans Le Royaume, cette économie de gestes sert le rôle. Pierre-Paul apparaît comme un homme qui agit parce qu’il n’a plus beaucoup de choix, non comme un archétype destiné à confirmer une image de la Corse.

Cette trajectoire a une portée plus large pour la culture corse. Elle rappelle que les habitants de l’île peuvent être associés à la création contemporaine autrement que comme figurants d’un paysage. Entre le travail agricole, la montagne et le cinéma, Saveriu Santucci ne change pas de territoire : il le traverse sous un autre angle. Son parcours confirme qu’un premier rôle devient solide lorsqu’il s’appuie sur une préparation réelle et sur une expérience humaine qui ne se joue pas.

Cette présence d’hommes et de femmes issus du terrain prolonge une autre question : comment filmer la Corse sans la transformer en décor figé ? C’est là que le regard de Julien Colonna prend toute son importance.

Le Royaume au Festival de Lama : un film de cavale centré sur le lien père-fille

Le Royaume se situe au début des années 1990, dans une Corse traversée par des conflits criminels. Une tentative d’assassinat échoue, puis les représailles s’enchaînent. Pierre-Paul doit se cacher avec ses proches et emmener sa fille dans une fuite dont elle ne comprend pas tout de suite les règles. L’intrigue avance sous tension, mais elle garde les yeux fixés sur Lesia, adolescente confrontée à une réalité familiale qu’elle connaissait mal.

Le film est parfois décrit comme un thriller, et l’étiquette est juste si l’on parle du rythme, de l’urgence et de la menace. Mais elle devient réductrice lorsqu’elle masque le cœur du récit. La cavale sert surtout à obliger deux êtres à se parler, ou à échouer à le faire. Pierre-Paul a construit une zone de silence autour de son activité et de ses fréquentations. Les événements rendent ce silence intenable. Sa fille n’est plus seulement protégée : elle devient témoin.

Cette construction donne au rôle de Saveriu Santucci sa gravité. Son personnage n’a pas à expliquer son passé dans de longues scènes. Le scénario laisse les faits, les réactions des autres et les dangers extérieurs dessiner progressivement le monde auquel il appartient. Ce procédé respecte le spectateur : il ne lui fournit pas toutes les clés dès le départ et l’invite à observer ce que Lesia découvre avec lui.

Une Corse filmée comme un espace vécu

Dans ce type de récit, le choix des lieux est déterminant. Les maisons isolées, les terrains sauvages et les itinéraires de repli ne sont pas là pour composer une image de tourisme. Ils deviennent des espaces de décision. Où s’arrêter ? À qui faire confiance ? Quand quitter un abri devenu trop visible ? Chaque paysage est lié à un risque, à une mémoire ou à une relation. C’est ainsi que le territoire prend une dimension dramatique.

La Corse du film n’est donc pas réduite à une succession de vues spectaculaires. Elle est traversée par des règles tacites, par des réseaux familiaux et par les conséquences d’une violence qui ne reste jamais abstraite. Cette approche évite une confusion fréquente : parler de tradition ne revient pas à justifier les mécanismes d’emprise ou les fidélités imposées. Le cinéma peut montrer des appartenances, des langues et des gestes transmis tout en laissant apparaître leurs tensions.

Le Festival de Lama est un cadre pertinent pour ce regard. L’événement local accueille des œuvres de cinéma dans un village de Balagne entouré de reliefs. Le lieu crée une proximité particulière entre les films et les spectateurs, mais il ne transforme pas automatiquement chaque œuvre projetée en célébration du territoire. Une programmation sérieuse permet au contraire de confronter des images de la Corse, parfois dures, à ceux qui en connaissent les nuances.

Dans le cas de Le Royaume, la dimension familiale retient particulièrement l’attention. Pierre-Paul est à la fois celui qui protège et celui dont la vie expose. Lesia cherche chez lui une présence paternelle qu’elle croyait connaître. Lui tente de maintenir un rôle de père alors même que ses choix passés ont rendu cette protection fragile. Cette contradiction donne au film sa part la plus émouvante, loin des seuls codes du suspense.

Le rapprochement avec d’autres œuvres insulaires peut être utile, à condition de ne pas tout mélanger. Les récits corses contemporains abordent aussi bien le théâtre, la musique, la mémoire familiale ou les bouleversements sociaux. L’analyse consacrée à Théorème Marguerite et le regard du festival Arte Mare offre, par exemple, un autre point d’entrée vers les circulations entre création artistique et territoire.

La force de Le Royaume est de refuser une Corse monolithique. Le film montre des personnages pris dans une histoire précise, sans leur retirer leur complexité. Pour le public du Festival de Lama, cette précision donne à la projection une valeur particulière : elle place le cinéma au plus près des questions de filiation, de responsabilité et de transmission. La cavale compte, mais la vraie ligne de fuite est celle qui sépare un père de sa fille avant de les obliger à se retrouver.

La projection invite alors à regarder autrement les signes culturels souvent associés trop vite à l’île. Le patrimoine vivant ne se limite ni aux images convenues ni aux récits de violence ; il se construit aussi dans les pratiques collectives que les festivals rendent visibles.

Festival de Lama et culture corse : distinguer cinéma, patrimoine et célébration

Le Festival de Lama appartient au paysage culturel corse par son implantation et par la continuité de ses éditions. Depuis environ trente ans, ce rendez-vous accueille des projections dans le village de Lama, avec une programmation qui fait place à des films venus d’horizons différents. Son intérêt ne tient pas à une simple association entre montagne et écran géant. Il repose sur la possibilité de voir des œuvres ensemble, dans un village où le cinéma devient, quelques jours durant, une affaire de discussion publique.

Lorsqu’un film comme Le Royaume y est présenté, l’événement local joue un rôle de mise en perspective. Les spectateurs disposent d’un contexte géographique familier, mais ils ne sont pas invités à confondre le récit avec une chronique fidèle de toute la société corse. C’est une précaution importante. Un film de fiction observe des personnages, une époque et une situation ; il ne résume pas une île, encore moins ses habitants.

La culture corse recouvre des expressions bien plus vastes : langues, chants, théâtre, gastronomie, artisanat, pratiques agricoles, fêtes communales et création contemporaine. La musique folklorique et la danse traditionnelle peuvent trouver leur place dans d’autres manifestations, selon la programmation choisie par les organisateurs. Elles ne doivent pas être plaquées artificiellement sur le Festival de Lama si l’objet de la rencontre est d’abord le cinéma. La précision protège autant les artistes que le public.

Le patrimoine n’est pas un décor à consommer

Le mot patrimoine est souvent employé trop vite. Il ne désigne pas seulement une église, un village de pierre ou un répertoire de chants. Il comprend également des pratiques et des récits qui continuent d’être discutés, transmis, adaptés ou contestés. Le cinéma participe à ce mouvement lorsqu’il filme des lieux habités et des situations actuelles. Il ne conserve pas le passé sous cloche ; il interroge ce que les héritages font aux personnages d’aujourd’hui.

Dans Le Royaume, le territoire corse est regardé à travers une famille en crise. Il n’est pas exposé comme une vitrine. Cette différence est essentielle pour les visiteurs comme pour les habitants : une œuvre qui traite un lieu avec sérieux n’a pas besoin de multiplier les signes supposés identitaires. Elle laisse les accents, les paysages, les manières de se taire ou de se réunir produire leur effet sans les souligner à outrance.

La programmation culturelle gagne à suivre cette même exigence. Une célébration réussie ne consiste pas à accumuler des symboles. Elle donne des repères sur ce qui est montré, sur qui parle et sur les conditions dans lesquelles les œuvres ont été faites. Un festival de cinéma peut ainsi accueillir une histoire sombre sans renier le territoire qui l’héberge. Au contraire, il reconnaît que la création a le droit de montrer les zones de conflit autant que les gestes de partage.

Les liens entre musique et images éclairent bien cette idée. Une bande sonore peut traduire une émotion, installer une menace ou prolonger un silence sans imposer une lecture folklorisante. Pour approfondir cette question, l’article consacré à la place des rythmes et des émotions dans les récits culturels rappelle que la musique agit comme un langage, pas comme un accessoire décoratif.

Le village de Lama donne aussi un exemple de rapport équilibré entre lieu et programmation. Sa présence physique compte : le public arrive dans un village ancien, regarde des films dans un environnement de montagne, puis repart avec des images associées à cette expérience. Mais le site ne dicte pas le contenu des films. Cette liberté évite le piège d’une culture réduite à une animation destinée à distraire pendant la saison estivale.

Pour les familles et les visiteurs, le bon réflexe consiste à lire la programmation, vérifier les horaires, repérer les séances adaptées et privilégier les échanges organisés autour des œuvres lorsqu’ils sont proposés. Un festival devient plus riche lorsque l’on vient aussi pour écouter, discuter et comparer les points de vue. À Lama, le territoire donne un cadre au cinéma ; il ne lui impose pas un costume.

Cette attention portée aux nuances conduit naturellement à la question de ce que le public peut attendre d’un rendez-vous culturel ancré dans un village corse, sans tomber dans les raccourcis ni les promesses vagues.

Comment suivre le Festival de Lama et comprendre son rôle d’événement local

Suivre le Festival de Lama avec profit demande d’abord de considérer sa programmation comme le premier repère. Les titres annoncés, les réalisateurs invités, les formats de projection et les éventuelles rencontres donnent une idée plus fiable de l’identité d’une édition que les formules générales. Le cinéma est l’axe central de cet événement local ; le village et les montagnes qui l’entourent composent le cadre, sans effacer ce qui se passe à l’écran.

Le parcours de Saveriu Santucci offre une bonne porte d’entrée. Un spectateur qui découvre Le Royaume au festival peut s’intéresser au chemin qui mène un agriculteur et guide de montagne de Perelli d’Alesani à un rôle principal. Il comprend alors que la création cinématographique n’est pas nécessairement séparée du monde rural. Les castings, les ateliers et les rencontres peuvent créer des passages entre des métiers éloignés en apparence.

Cette observation ne doit pas nourrir une légende facile du « talent brut » trouvé par hasard. Derrière l’apparente évidence de l’écran, il y a du travail : lecture du scénario, essais, préparation, dialogue avec le réalisateur, construction d’une relation de jeu avec Ghjuvanna Benedetti et adaptation à la discipline d’un tournage. La valeur du parcours de Saveriu Santucci réside justement dans cette alliance entre une expérience de vie et un apprentissage concret du métier.

Des repères utiles pour regarder une œuvre liée à la Corse

Pour éviter les confusions, plusieurs questions peuvent guider le regard du public :

  • De quel point de vue le film parle-t-il ? Dans Le Royaume, l’histoire se rapproche de Lesia et de ce qu’elle découvre sur son père.
  • Le territoire est-il un simple fond d’écran ? Ici, les lieux influencent les décisions, les déplacements et la tension dramatique.
  • Les personnages sont-ils réduits à des stéréotypes ? Pierre-Paul reste un homme contradictoire, protecteur et responsable d’un monde qui le dépasse.
  • La projection ouvre-t-elle un espace de discussion ? C’est l’un des apports possibles d’un festival : confronter les interprétations plutôt que distribuer une seule image de l’île.
  • L’œuvre aide-t-elle à mieux comprendre un lien humain ? Le rapport père-fille constitue ici le moteur sensible du récit.

Ces repères valent aussi pour d’autres propositions culturelles. Une chronique sur Olmeto et son inscription dans les paysages corses peut prolonger cette lecture en rappelant qu’un village n’est jamais seulement un décor. Il est fait d’activités, de mémoire, de pratiques et de personnes qui en renouvellent les usages. Cela vaut pour Lama comme pour les villages de l’intérieur.

Le Festival de Lama a également une fonction de transmission. Il permet à des spectateurs qui ne fréquentent pas nécessairement les grandes salles de découvrir des films dans un cadre partagé. Pour les plus jeunes, voir une œuvre puis entendre parler de son tournage, de son écriture ou de son casting peut rendre le cinéma moins lointain. Le cas de Saveriu Santucci le montre avec netteté : aucun parcours n’est tracé d’avance, mais une rencontre peut ouvrir une possibilité inattendue.

Il convient cependant de préserver la justesse du regard. La Corse racontée par Le Royaume est celle d’une fiction située dans les années 1990, autour de conflits criminels et d’une famille sous pression. Elle ne résume ni la vie villageoise, ni le travail agricole, ni la création contemporaine de l’île. C’est parce que le festival permet de mettre cette œuvre en discussion que le public peut la recevoir avec distance et attention.

La présence du film à Lama rappelle enfin que les festivals ont besoin de visages et de récits locaux, mais aussi d’exigence. Les artistes venus du territoire ne doivent pas être invités pour cocher une case identitaire. Ils doivent être regardés pour ce qu’ils apportent à l’œuvre. Avec Pierre-Paul, Saveriu Santucci apporte une retenue, une densité et une relation physique au lieu qui servent pleinement le récit.

Le repère le plus sûr reste celui-ci : regarder le film pour son histoire, puis écouter ce que le lieu de projection permet d’en comprendre sans jamais confondre fiction et réalité corse.

Quel rôle joue Saveriu Santucci dans Le Royaume ?

Saveriu Santucci interprète Pierre-Paul, un père poursuivi par des rivaux et présenté comme un chef de clan. Le personnage entraîne sa fille Lesia dans une cavale qui transforme leur relation.

Saveriu Santucci était-il acteur avant Le Royaume ?

Non. Il exerçait comme agriculteur et guide de montagne à Perelli d’Alesani. Son rôle a été préparé par des rencontres, un travail sur le texte et des ateliers avec l’équipe du film.

De quoi parle le Festival de Lama ?

Le Festival de Lama est un rendez-vous consacré au cinéma, organisé dans le village corse de Lama. Il propose des projections et met en relation des films, des professionnels et le public dans un cadre villageois.

Le Royaume raconte-t-il une histoire vraie ?

Le Royaume est une fiction réalisée par Julien Colonna, située dans la Corse des années 1990. Le film ne prétend pas résumer la réalité de l’île : il suit une famille et une cavale dans un contexte précis.