Tous Charcuterie & fromages corses Châtaigne & Castagniccia Vins & boissons de Corse Recettes & douceurs corses Actualités

: La nuit explosive où Jean-Pierre Susini a dynamité le Scarlino Secundo

21 septembre 2026 19 min de lecture Mis a jour 21 septembre 2026
Cet article a été généré par intelligence artificielle et publié sans révision humaine approfondie.

La nuit explosive où Jean-Pierre Susini a dynamité le Scarlino Secundo renvoie à l’un des épisodes les plus marquants de la lutte contre les « fanghe rosse », les boues rouges rejetées en mer au large du Cap Corse au début des années 1970. L’action attribuée et revendiquée, plusieurs décennies plus tard, par Jean-Pierre Susini vise alors un navire lié à la société chimique italienne Montedison.

Ce événement historique ne peut être lu comme une simple histoire de bateau saboté. Il s’inscrit dans une période de colère populaire, de blocages et de défiance envers les autorités françaises et italiennes, accusées de laisser perdurer une pollution maritime qui touchait directement les pêcheurs, les rivages et l’image même de la Corse.

En bref

  • Le Scarlino Secundo était associé au transport de rejets industriels de Montedison, appelés « boues rouges » dans le débat public corse.
  • Jean-Pierre Susini a revendiqué, un demi-siècle après les faits, sa participation au dynamitage du navire, situé dans la baie de Follonica, en Toscane.
  • Les récits disponibles font apparaître une divergence sur la date exacte, évoquant le 13 ou le 15 septembre 1973 selon les sources et témoignages.
  • L’affaire est indissociable de la mobilisation contre les pollutions marines et de la montée de la violence politique en Corse.
  • Parler de cet attentat suppose de rappeler le contexte écologique sans effacer la gravité du recours aux explosifs.

Pas le temps de tout lire ? Voilà ce qu’il faut retenir

Repère Éléments établis dans les récits disponibles
Lieu Port ou baie de Follonica, sur la côte toscane italienne.
Période Septembre 1973, au plus fort de la contestation des boues rouges.
Acteur cité Jean-Pierre Susini, qui a revendiqué son rôle dans une prise de parole tardive.
Cible Le Scarlino Secundo, navire associé au dispositif industriel de Montedison.
Enjeu Une mobilisation écologiste et politique, devenue un symbole durable du militantisme corse.

Le Scarlino Secundo et les boues rouges : pourquoi la colère corse a éclaté

Pour comprendre la nuit explosive de septembre 1973, il faut revenir à la mer. À cette époque, des habitants du Cap Corse découvrent, avec inquiétude, les conséquences des rejets issus de l’activité de la société chimique italienne Montedison. Les déchets concernés, communément désignés sous le nom de fanghe rosse, traversent le débat public avec une force rare : ils ne sont pas une abstraction administrative, mais une présence visible et redoutée dans un espace dont vivent les pêcheurs et auquel les villages côtiers restent profondément attachés.

Le groupe Montedison exploitait en Toscane une usine liée à la production de dioxyde de titane. Les résidus industriels étaient chargés sur des navires-citernes afin d’être rejetés en mer. Dans les récits de l’époque, il est question de rotations nocturnes et de milliers de tonnes transportées. Ces chiffres doivent être replacés dans les controverses documentées de ces années-là : ils expriment d’abord l’ampleur ressentie par les populations concernées, face à une activité industrielle qui semblait éloignée des centres de décision, mais proche des côtes corses.

La protestation ne naît donc pas d’un seul mouvement clandestin. Elle rassemble des élus, des pêcheurs, des militants, des familles et des habitants sans appartenance politique précise. Les ports insulaires connaissent des blocages. La formule Isula Morta, littéralement « île morte », devient le nom d’une mobilisation qui cherche à paralyser symboliquement le quotidien pour rendre visible ce que les autorités ne veulent plus ignorer.

Dans les villages du littoral, le sujet se raconte alors avec des mots simples : une mer qui nourrit ne doit pas devenir la poubelle d’une industrie située de l’autre côté du canal de Corse. Cette logique explique la profondeur du mouvement. Il ne s’agit pas seulement de défendre un paysage ou une activité économique. Il s’agit de défendre un droit élémentaire à ne pas subir, depuis la rive corse, les décisions prises ailleurs.

La réaction officielle nourrit la colère. Les gouvernements français et italiens sont perçus comme lents, prudents, parfois silencieux. Or le silence administratif, lorsqu’il se heurte à une inquiétude collective, laisse souvent la place aux gestes de rupture. La manifestation qui dégénère devant la préfecture de Bastia, les tensions dans les ports et l’écho donné par la presse transforment le dossier des boues rouges en affaire politique majeure.

Le Scarlino Secundo devient alors plus qu’un navire. Dans l’imaginaire militant, il représente une chaîne industrielle : l’usine, les décisions économiques, les administrations, le transport maritime et le rejet en mer. Viser ce bâtiment revient à frapper un symbole concret, identifiable, là où les pétitions et les communiqués paraissent ne produire aucun effet.

Il convient toutefois de distinguer deux réalités. La lutte contre les pollutions marines appartient à l’histoire des mobilisations écologiques corses. Le recours à un attentat, lui, relève d’une autre histoire : celle du passage à une action clandestine et à la violence politique. Les deux dimensions se croisent en 1973, mais elles ne se confondent pas. La défense de la mer explique la mobilisation ; elle ne rend pas anodin l’usage d’explosifs.

Cette affaire garde sa force en 2026 parce qu’elle pose une question toujours actuelle : que se passe-t-il lorsqu’une population estime que les voies ordinaires de recours ne répondent plus à une menace jugée immédiate ? À Follonica comme sur les rivages du Cap Corse, le Scarlino Secundo a cristallisé cette fracture entre industrie, institutions et territoire.

La nuit explosive de septembre 1973 : ce que les récits disent du dynamitage

Les sources disponibles situent l’opération dans la baie ou le port de Follonica, en Toscane, au cours de la nuit de septembre 1973. Certaines publications mentionnent le 13 septembre, tandis que le témoignage tardif de Jean-Pierre Susini évoque le 15 septembre 1973. Cette différence ne doit pas être escamotée : dans l’étude d’un fait clandestin, la chronologie mérite d’être confrontée aux archives de presse, aux dossiers judiciaires lorsqu’ils sont accessibles et aux récits des participants.

Un point demeure central : le Scarlino Secundo était immobilisé lorsqu’il fut visé. Jean-Pierre Susini, installé des années plus tard dans la plaine de Luri, a raconté avoir participé à l’action avec un petit groupe. Il a également affirmé que le dispositif avait été préparé et essayé auparavant sur la plage de Santa Severa, dans le Cap Corse, avant une traversée discrète vers la Toscane.

Les détails techniques ne doivent pas devenir matière à fascination. Les explosifs appartiennent ici au registre d’une infraction grave, non à celui de l’aventure. Ce qui intéresse l’historien est ailleurs : dans la décision de quelques hommes de franchir une frontière maritime pour toucher une cible industrielle italienne, avec l’idée de faire cesser ou de dénoncer un système de rejet contesté.

Dans son récit, Susini explique ne pas chercher de reconnaissance personnelle. Il entend plutôt rétablir, selon ses propres mots, l’attribution d’une action que d’autres auraient ensuite revendiquée sans y avoir pris part. Cette parole, recueillie plus de cinquante ans après les faits, a une valeur de témoignage. Elle ne dispense pas d’un travail de vérification, mais elle apporte une pièce importante à un dossier longtemps entouré de silence.

Le choix du mot « dynamité » dans les récits populaires résume bien la charge de l’épisode. Il traduit la violence de l’acte, tout en donnant parfois l’impression d’une destruction totale. Or les documents disponibles parlent surtout d’un plasticage ou d’un sabotage. La nuance est utile : elle oblige à ne pas ajouter, par goût du spectaculaire, des conséquences qui ne seraient pas établies.

Une action clandestine pensée comme un message

Pourquoi frapper un navire plutôt qu’un bureau, une usine ou une administration ? Parce qu’un bateau est mobile, visible et directement relié au rejet contesté. Le Scarlino Secundo offrait une cible dont le sens pouvait être compris immédiatement par les habitants mobilisés : il incarnait matériellement le transport des boues rouges.

Le message se voulait aussi transfrontalier. La Corse protestait contre une activité italienne ayant des répercussions en Méditerranée. L’opération rompait avec une lecture strictement locale du problème. Elle signifiait que la mer n’est pas découpée selon les frontières administratives, et que les effets d’une industrie peuvent atteindre des communautés qui ne bénéficient ni des emplois ni des décisions qui l’accompagnent.

Cette nuit explosive marque ainsi une étape dans la mémoire militante insulaire. Le geste sort du cadre de la protestation publique et entre dans celui de l’action clandestine. Il annonce, pour certains observateurs, une période où les revendications écologiques, territoriales et nationalitaires vont parfois se croiser, sans jamais être identiques.

La leçon historique tient dans cette bascule : lorsque le dialogue est perçu comme fermé, le symbole industriel devient une cible. Comprendre ce mécanisme n’est pas le justifier ; c’est mesurer comment une crise environnementale peut se transformer en crise politique.

Jean-Pierre Susini, du berger de Luri au témoin d’un attentat corse

Le nom de Jean-Pierre Susini est lié à l’histoire des débuts du nationalisme corse organisé et à la fondation du Front de libération nationale corse, le FLNC. Lorsqu’il revient publiquement sur le Scarlino Secundo, plus d’un demi-siècle après les faits, son récit attire l’attention parce qu’il émane d’un homme longtemps associé à la clandestinité, désormais disposé à parler de cette séquence précise.

Le décor choisi par les récits de presse est loin des images de conspiration urbaine. Dans la plaine de Luri, au Cap Corse, une maison sobre, un chemin de terre et un troupeau de vaches rappellent l’ancrage rural de l’homme. Cette image ne doit pas romantiser le passé. Elle montre plutôt le contraste entre une vie de berger et un itinéraire politique marqué, dans sa jeunesse, par des opérations clandestines.

À 75 ans, lorsqu’il livre son témoignage en 2024, Susini insiste sur le contexte. Il ne présente pas le sabotage comme un acte isolé, tombé du ciel, mais comme la réponse d’un petit groupe à une mobilisation qui embrasait déjà une grande partie de l’île. C’est un point important : l’action clandestine a pu être menée par quelques personnes, mais elle cherchait à s’inscrire dans une indignation bien plus large.

Son intervention soulève aussi une question délicate : qui possède la mémoire d’une action secrète ? Dans les mouvements clandestins, les récits se transmettent, se déforment, deviennent parfois des arguments de légitimité. Plusieurs décennies plus tard, la parole de celui qui revendique doit être entendue, mais replacée au milieu d’autres matériaux : articles contemporains, déclarations publiques, archives judiciaires, témoignages de marins ou de pêcheurs.

Cette prudence est nécessaire pour éviter deux pièges. Le premier serait de réduire Jean-Pierre Susini à une silhouette de légende, en oubliant les conséquences humaines et judiciaires de la lutte armée. Le second serait d’effacer sa parole au motif qu’elle est tardive. Une mémoire historique sérieuse ne fait ni l’un ni l’autre : elle écoute, compare et précise ce qui relève du document, du témoignage ou de l’interprétation.

Du combat écologique au récit nationalitaire

Le combat contre les boues rouges a offert un terrain de rencontre entre des sensibilités diverses. Beaucoup de personnes mobilisées n’étaient pas engagées dans la clandestinité. Elles défendaient leur mer, leur activité ou leurs villages. Pourtant, l’affaire a aussi servi de matrice à une lecture plus politique : celle d’une Corse abandonnée face à des intérêts extérieurs et incapable de se faire entendre dans les cadres institutionnels.

Le parcours de Susini illustre cette jonction. Son récit relie une cible industrielle à une idée de défense collective. Il ne faudrait cependant pas faire du Scarlino Secundo l’origine unique du nationalisme corse contemporain. Les revendications foncières, culturelles, économiques et linguistiques existaient déjà. L’épisode des boues rouges agit plutôt comme un révélateur : la pollution rend visible, sur l’eau, un sentiment plus ancien de dépossession.

Dans les mémoires locales, les « vieux pêcheurs » évoquent encore les fanghe rosse. Cette persistance du souvenir est révélatrice. Le temps efface les détails, mais il conserve les images fortes : la couleur inquiétante des rejets, les réunions, les ports ralentis, la colère contre les gouvernements et, finalement, l’attaque du navire italien.

Un témoin tardif ne referme pas le dossier ; il le rouvre. C’est précisément ce qui donne à la parole de Jean-Pierre Susini son intérêt historique : elle oblige à regarder de nouveau un épisode où l’environnement, le militantisme et la clandestinité se sont rencontrés dans des circonstances exceptionnelles.

Attentat, terrorisme et violence politique : les mots nécessaires pour raconter le Scarlino Secundo

Les mots employés pour raconter le Scarlino Secundo ne sont jamais neutres. « Plasticage », « sabotage », « attentat », « action militante » ou « coup de force » ne produisent pas la même lecture. Pourtant, il serait trompeur de contourner les termes les plus exigeants. Une opération préparée clandestinement contre un navire, au moyen d’explosifs, relève bien d’un attentat au sens courant et judiciaire du mot.

Le mot terrorisme demande, lui, davantage de précision. Il désigne généralement l’usage de la violence ou de la menace à des fins politiques, souvent pour produire un effet de peur dépassant la cible immédiate. Dans l’histoire corse, ce terme a été employé dans des contextes nombreux, parfois par les autorités, parfois par les médias, parfois contesté par les militants eux-mêmes. Le Scarlino Secundo appartient à cette zone de débat, car son objectif semble avoir été de frapper un symbole industriel plutôt que de viser directement des civils.

Cette distinction ne doit pas servir à diminuer la portée de l’acte. Une charge explosive placée sur un navire expose des personnes, des biens et un espace portuaire à des dangers considérables. Les récits disponibles insistent sur le caractère immobilisé du bateau, mais cela n’efface pas les risques pris. Raconter l’histoire avec rigueur, c’est tenir ensemble la cause invoquée et la gravité du moyen choisi.

La presse de l’époque a souvent cherché un responsable immédiat, un « commando corse », une filiation politique. Cette recherche était logique dans le climat des années 1970, marqué en Méditerranée et en Europe par une multiplication des groupes clandestins. Mais l’affaire des boues rouges ne se résume pas à une étiquette. Elle prend place dans une mobilisation sociale réelle, dont le sabotage n’a été qu’une expression radicale.

Le vocabulaire de la violence politique permet d’éviter les simplifications. Il décrit un passage à l’acte motivé par une représentation politique du conflit : ici, la défense de la mer corse face à une industrie étrangère et à l’inaction supposée des États. Il ne transforme pas l’acte en geste acceptable. Il aide à comprendre pourquoi il a été envisagé par ses auteurs.

  • Mobilisation écologique : elle concerne le rejet industriel en mer et l’inquiétude des populations littorales.
  • Conflit politique : il exprime une défiance envers les autorités jugées incapables de protéger le territoire.
  • Action clandestine : elle désigne la préparation dissimulée et l’emploi d’explosifs contre le navire.
  • Mémoire militante : elle explique que l’épisode reste disputé, revendiqué et commenté plusieurs décennies après.

Cette grille de lecture évite de transformer l’histoire en récit héroïque. Il n’y a pas lieu de célébrer les méthodes clandestines. En revanche, il faut regarder ce qu’elles disent d’une époque : l’impression d’être ignoré, la montée des tensions et l’idée, chez certains militants, que seule une action spectaculaire pouvait contraindre les décideurs à regarder la Corse.

Les archives, les témoignages et les débats publics ont donc une responsabilité commune : restituer les faits sans les édulcorer, mais sans les convertir en légende guerrière. Le Scarlino Secundo reste un symbole puissant parce qu’il associe une cause environnementale concrète à une forme de rupture politique dont les conséquences dépassent largement une seule nuit.

Le souvenir du Scarlino Secundo dans l’histoire environnementale de la Corse

Plus de cinquante ans après les faits, le Scarlino Secundo demeure présent dans la mémoire de ceux qui racontent la lutte contre les boues rouges. Cet épisode ne survit pas seulement parce qu’il y eut un dynamitage. Il survit parce qu’il condense une inquiétude plus large : celle de voir la Méditerranée subir des décisions industrielles prises loin des rivages directement touchés.

Dans cette mémoire, les pêcheurs occupent une place particulière. Leur rapport à la mer est concret : une zone de pêche n’est pas une notion vague, mais un espace de travail, de transmission et de subsistance économique. Lorsque les rejets industriels deviennent un sujet de conversation sur les quais, dans les cafés ou lors des réunions publiques, ils atteignent une communauté dans ce qu’elle a de plus quotidien.

Le souvenir du Scarlino Secundo se transmet aussi par contraste. Les générations qui n’ont pas connu 1973 entendent parler d’une époque où les informations circulaient moins vite, où l’expertise environnementale était moins accessible, et où la parole des habitants paraissait peser peu face aux grands groupes industriels. Aujourd’hui, les outils juridiques, la surveillance environnementale et l’accès aux médias ont évolué. Cela ne signifie pas que les conflits ont disparu, mais les moyens de les documenter et de les contester ne sont plus les mêmes.

La commémoration d’un tel événement historique doit donc rester sobre. Elle peut servir à interroger la protection de la mer, la responsabilité des entreprises et l’écoute accordée aux territoires périphériques. Elle ne doit pas faire de l’attentat un modèle d’action. Le passé n’est utile que s’il permet de mieux identifier les mécanismes qui conduisent à l’impasse.

Ce que l’affaire apprend encore aux lecteurs d’aujourd’hui

La première leçon est celle de la traçabilité. Face à un rejet industriel, il faut savoir quel site produit les déchets, quel navire les transporte, quelles autorisations existent et quelles autorités les contrôlent. En 1973, ce chaînage semblait opaque à beaucoup d’habitants. Le Scarlino Secundo, en devenant identifiable, a rendu cette mécanique visible.

La deuxième leçon concerne les formes de mobilisation. Les blocages, les manifestations et les campagnes d’information font partie de l’histoire des contestations environnementales. Ils permettent de créer un rapport de force public. Lorsque ce cadre est abandonné au profit de la clandestinité, la cause se trouve exposée à une autre logique, judiciaire et sécuritaire, qui peut finir par recouvrir le problème initial.

La troisième tient à la mémoire elle-même. Les déclarations de Jean-Pierre Susini, publiées après des décennies de silence, rappellent que les archives ne sont jamais closes. Chaque témoignage doit être accueilli avec sérieux, puis mis à l’épreuve des faits. C’est le seul moyen de distinguer ce qui relève de la revendication, de la reconstruction personnelle et de l’histoire vérifiable.

Pour qui veut approfondir le sujet, le bon réflexe consiste à croiser les articles de presse contemporains, les études consacrées aux boues rouges, les archives des mobilisations insulaires et les témoignages publiés depuis. Cette méthode est plus utile que les récits simplifiés : elle rend à la fois justice aux habitants mobilisés et à la gravité d’un acte commis dans la clandestinité.

Le repère à retenir est simple : derrière le nom du Scarlino Secundo se trouvent une pollution contestée, une société insulaire en mouvement et une ligne franchie par l’usage des explosifs. Aucun de ces trois éléments ne doit être séparé des deux autres.

Qu’était le Scarlino Secundo ?

Le Scarlino Secundo était un navire associé au transport de déchets industriels issus de l’activité de la société italienne Montedison. Son nom est resté lié à la controverse des boues rouges en Méditerranée.

Quand le Scarlino Secundo a-t-il été visé ?

Les récits disponibles situent l’opération en septembre 1973, mais les sources citées ne concordent pas toutes sur la date exacte : le 13 ou le 15 septembre sont évoqués.

Quel rôle Jean-Pierre Susini a-t-il revendiqué ?

Jean-Pierre Susini a déclaré, plus de cinquante ans après les faits, avoir participé avec un petit groupe au plasticage du navire dans la baie de Follonica.

Pourquoi les boues rouges ont-elles provoqué une telle mobilisation en Corse ?

Les habitants et pêcheurs craignaient les effets des rejets industriels en mer. Le dossier est devenu un symbole de défense du littoral corse face à des décisions industrielles et politiques perçues comme extérieures.

Peut-on présenter cette action comme un geste écologique ?

L’affaire est liée à une mobilisation environnementale, mais l’emploi d’explosifs contre un navire constitue un attentat. Le contexte écologique explique la colère ; il ne retire rien à la gravité de la violence politique employée.