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Wine Paris & Vinexpo Paris : une présence renforcée des spiritueux

10 août 2026 24 min de lecture Mis a jour 11 août 2026
Cet article a été généré par intelligence artificielle et publié sans révision humaine approfondie.

En bref

  • Wine Paris & Vinexpo Paris confirme son poids dans l’industrie du vin et des alcools, avec une fréquentation professionnelle et internationale soutenue à Paris Expo Porte de Versailles.
  • L’espace Be Spirits, installé dans le Hall 2, a réuni 160 exposants, dont environ un tiers venus de l’étranger.
  • Le rhum, le cognac, l’armagnac, le whisky français, les alcools d’agave, les formats Ready To Drink et les alternatives à faible degré ont occupé le terrain.
  • Le salon montre que la dégustation professionnelle ne se limite plus au vin : la connaissance des spiritueux et de la mixologie devient un critère de compétence dans toute la filière.

Wine Paris & Vinexpo Paris a refermé ses portes après trois journées d’échanges qui placent Paris parmi les grands lieux de rendez-vous du commerce international du vin et des spiritueux. Dans les allées de la Porte de Versailles, le poids pris par Be Spirits ne relève plus d’une animation annexe : il traduit une évolution nette des achats, des cartes de bars et du travail des cavistes.

Pour les producteurs corses comme pour les acheteurs qui cherchent à comprendre le marché, l’intérêt est concret. Un salon de cette ampleur permet de voir ce qui gagne du terrain, mais aussi de distinguer une tendance durable d’un simple habillage de stand.

Wine Paris & Vinexpo Paris : pourquoi les spiritueux prennent davantage de place

Le rendez-vous Wine Paris & Vinexpo Paris s’est longtemps lu d’abord à travers le prisme du vin. C’est logique : la viticulture française, les appellations, les négociants et les acheteurs internationaux y tiennent une place centrale. Pourtant, l’édition organisée les 9, 10 et 11 février 2026 a clairement montré que les spiritueux sont devenus une composante structurante de l’événement vinicole.

Cette présence renforcée s’explique d’abord par une évolution du métier. Le caviste ne vend plus seulement des bouteilles à ouvrir à table. Il doit pouvoir répondre sur un rhum de dégustation, un whisky de malt français, un gin local, un cognac, un armagnac ou un apéritif à faible degré. Du côté de la restauration, le sommelier dialogue davantage avec le chef barman. Les clients demandent des accords, des cocktails courts, des digestifs moins convenus et des produits dont l’origine est lisible.

La reconnaissance accordée aux spiritueux dans les concours et formations confirme cette mutation. Raimonds Tomsons, sacré Meilleur Sommelier du Monde en 2023, avait dû démontrer une maîtrise qui dépassait largement le vin. La connaissance des alcools, des méthodes de production et de la mixologie fait désormais partie du bagage attendu à haut niveau. Ce n’est pas une affaire de mode : celui qui conseille une table ou constitue un assortiment doit savoir expliquer ce qu’il verse.

Dans le Hall 2, Be Spirits a donné une traduction visible à cette évolution. Les 160 exposants présents formaient un ensemble plus large que celui des seules maisons historiques. Les grands groupes y côtoyaient des distilleries indépendantes, des importateurs, des fournisseurs destinés aux bars et des marques en recherche de nouveaux débouchés. Environ un tiers des exposants venaient de l’étranger, ce qui rappelle que les échanges ne se limitent pas aux frontières françaises.

Un acheteur venu chercher du vin de Corse pouvait ainsi croiser, à quelques pas d’un stand de vigneron, des producteurs de tequila, de mezcal, de saké, de whisky ou de rhum. Ce voisinage a son importance. Il oblige à réfléchir à la manière dont les produits se présentent, se racontent et se vendent. Un vermentinu servi à l’apéritif n’a pas à imiter un gin ; en revanche, il gagne à être proposé avec une explication précise sur son cépage, son aire d’appellation et son usage à table.

Le développement de Be Spirits est aussi porté par les bartenders. Dans un bar sérieux, le professionnel ne cherche pas seulement une bouteille bien dessinée. Il regarde la régularité d’un produit, sa capacité à tenir dans une recette, son prix d’achat, son degré, sa disponibilité et son identité aromatique. La créativité du cocktail remet donc les spiritueux au centre, mais elle impose aussi une forme de rigueur. Un alcool est meilleur lorsqu’on sait ce qu’il est, d’où il vient et pour quel usage il a été élaboré.

Le dispositif de l’Infinite Bar a permis d’observer cette réalité sans grand discours. Les démonstrations associaient marques et bars à cocktails, dans un espace continuellement fréquenté. On y voyait des professionnels déguster, comparer, demander une fiche technique, parler d’un approvisionnement ou d’un format de bouteille. Le spectacle existe, bien sûr, mais l’enjeu demeure commercial et technique : faire découvrir un produit qui pourra ensuite trouver sa place chez un caviste, dans un hôtel ou derrière un comptoir.

Pour l’industrie du vin, la leçon est simple. La concurrence ne vient pas forcément remplacer le vin ; elle élargit les occasions de consommation et pousse les professionnels à mieux conseiller. Une bouteille de Patrimonio rouge à base de niellucciu garde toute sa place sur une assiette de charcuterie ou d’agneau. Mais le client qui termine le repas avec une eau-de-vie ou qui commence la soirée avec un apéritif bien construit doit aussi être compris. Le salon rend cette coexistence très concrète.

Be Spirits n’est donc plus un couloir voisin du vin : il est devenu l’un des lieux où se négocient les nouvelles habitudes de la filière.

Trois verres d'alcool ambré sur un comptoir en bois de salon
Illustration générée par intelligence artificielle.

Be Spirits à Wine Paris : quelles tendances observer dans les alcools en 2026

Un salon professionnel ne donne pas toujours raison à toutes les tendances qu’il expose. Certaines disparaissent après une saison, faute de distribution ou de public. D’autres s’installent parce qu’elles correspondent à des besoins bien réels : boire moins, varier les usages, chercher une origine identifiable ou disposer d’un produit simple à servir. À Wine Paris, les spiritueux présentés dans Be Spirits ont dessiné plusieurs lignes de force qu’il faut regarder avec mesure.

La première concerne les boissons à degré modéré. Les expressions Low Alcohol et low/no alcool couvrent des réalités très différentes : apéritifs moins forts, cocktails prêts à servir, produits sans alcool ou boissons fermentées. Il ne faut pas les mettre dans le même panier. Pour un professionnel, la question utile est de savoir ce que le produit apporte dans un verre : de l’amertume, de la fraîcheur, de la texture, une note végétale ou simplement une option sans alcool crédible.

Le format Ready To Drink, souvent appelé RTD, poursuit sa progression. Il s’agit d’une boisson déjà assemblée et conditionnée, fréquemment en canette ou en petite bouteille. L’intérêt n’est pas de remplacer le travail d’un barman dans un bon établissement. Il se situe plutôt dans les lieux où le service doit être rapide et régulier : hôtels, terrasses, événements, épiceries fines ou ventes à emporter. Un bon RTD doit indiquer clairement sa composition, son degré et son origine. Sans cela, le bel emballage ne suffit pas.

Les alcools d’agave mexicains restent très visibles. Tequila et mezcal ne répondent pas aux mêmes règles de production ni aux mêmes profils de dégustation. Le premier peut offrir une expression nette, herbacée ou poivrée selon la catégorie et le terroir. Le second est souvent associé à des registres fumés, mais cette seule étiquette ne résume pas la diversité des productions. Dans un salon, le travail sérieux consiste à goûter lentement, à demander l’origine et à éviter les généralités faciles.

Les spiritueux japonais continuent eux aussi d’attirer les regards. Whisky, gin, shochu ou umeshu sont souvent recherchés pour la précision de leur présentation et la finesse de leurs profils. Là encore, le marché n’échappe pas à l’effet de réputation. Il est préférable de demander le type de matière première, le lieu de production, la méthode de fermentation ou d’élevage plutôt que de se laisser guider par la seule origine géographique.

Les tendances vues au salon et les questions utiles à poser

Tendance observée Ce qu’elle recouvre Repère concret pour l’acheteur
Low Alcohol Apéritifs et cocktails à degré réduit Vérifier le degré, la liste des ingrédients et l’usage prévu
Ready To Drink Boissons prêtes à servir Comparer le prix au verre, la stabilité et l’origine de la base alcoolique
Craft Distilleries artisanales et indépendantes Demander l’approvisionnement, le volume produit et le lieu réel de distillation
Alcools d’agave Tequila, mezcal et catégories voisines Identifier l’appellation, la variété d’agave et la méthode de production
Ultralocal Produits liés à une matière première ou un territoire précis Contrôler que l’ancrage local ne se limite pas à l’étiquette

Le mouvement craft mérite une attention particulière. Le terme désigne généralement des distilleries indépendantes, de taille modeste, qui cherchent à maîtriser davantage leur recette et leur image. Mais « craft » n’est pas un label. Une petite structure peut acheter des alcools neutres, les aromatiser et les embouteiller sans distiller elle-même. Cela n’en fait pas nécessairement un mauvais produit ; simplement, le consommateur doit savoir ce qu’il achète. Une distillerie qui cultive ou sélectionne ses matières premières, fermente, distille, élève et embouteille n’a pas la même histoire ni le même coût.

La montée de l’ultralocal prolonge cette exigence. Dans le vin, l’origine s’exprime par une appellation, un cépage, un sol et un millésime. Dans les alcools, la lecture est parfois moins immédiate. Il faut donc demander : quelle céréale ? Quel verger ? Quelle eau ? Quelle distillation ? Quel bois ? Ces questions ne sont pas réservées aux spécialistes. Elles permettent simplement de distinguer un produit de territoire d’une recette fabriquée pour évoquer un territoire.

La Corse a toute sa place dans cette réflexion, à condition de ne pas transformer l’île en décor. Une liqueur de myrte ou une eau-de-vie de cédrat mérite d’être jugée sur la qualité de ses fruits, la transparence de sa fabrication et l’équilibre de son sucre, non parce qu’elle porte un nom corse. Le même principe vaut pour un vin AOC Ajaccio à base de sciaccarellu ou un Vin de Corse : l’origine doit renseigner, pas servir de prétexte.

Au salon, la tendance qui dure est celle qui répond clairement à trois questions : de quoi est fait le produit, qui le produit et dans quel usage doit-il être servi ?

Armagnac à Vinexpo Paris : une eau-de-vie gasconne qui change d’image

Parmi les maisons et interprofessions présentes à Wine Paris, l’armagnac a occupé un espace particulièrement travaillé. Le Bureau national interprofessionnel de l’armagnac, le BNIA, avait choisi une mise en scène entre speakeasy et fausse officine, sous le nom de « Vital Dufour ». La référence renvoie à un ecclésiastique du XIVe siècle qui attribuait quarante vertus à l’aygue ardente, l’ancienne « eau ardente ». L’allusion historique est plaisante, mais elle ne doit pas masquer l’essentiel : l’armagnac cherche aujourd’hui à être goûté comme une eau-de-vie diverse, et non comme un digestif figé.

L’armagnac est produit en Gascogne selon une appellation d’origine contrôlée. Son territoire recouvre notamment le Bas-Armagnac, la Ténarèze et le Haut-Armagnac. Les profils varient selon les sols, les cépages employés, la distillation et la durée d’élevage sous bois. Voilà ce qui explique qu’une dégustation sérieuse ne se contente pas de dire « c’est boisé » ou « c’est vieux ». Une eau-de-vie jeune peut être vive, fruitée, florale ou épicée ; une eau-de-vie plus âgée peut gagner en pruneau, fruits confits, rancio, épices douces ou notes de bois précieux.

Le travail du BNIA vise précisément à élargir les usages. L’armagnac se sert évidemment pur, dans un verre adapté et à température ambiante. Mais les maisons encouragent aussi le service sur glace, en long drink ou dans des recettes où son fruité garde une place nette. Il ne s’agit pas de cacher le produit derrière des sirops. L’idée est plutôt de montrer qu’une eau-de-vie gasconne peut être abordable avant le repas, à condition de choisir une référence pensée pour cet usage.

Le plan Armagnac 2030 s’inscrit dans cette volonté de mieux faire connaître le produit auprès des professionnels. L’interprofession affiche notamment l’objectif de renforcer la pédagogie et de doubler le volume de distillation en trois ans. Cet objectif mérite d’être lu comme une ambition de filière : davantage de production n’a de sens que si la qualité, la réserve d’eaux-de-vie et la commercialisation suivent. L’armagnac ne se fabrique pas à la hâte ; le temps d’élevage reste une donnée centrale.

Comment lire une dégustation d’armagnac sans se laisser impressionner

Sur le stand, les visiteurs pouvaient comparer des opérateurs plus jeunes, tels que Horgelus ou les frères Laffitte, avec des maisons installées comme Veuve Goudoulin, Fontan, Arton ou le Domaine d’Espérance. Ce type de comparaison est utile. Il rappelle qu’une appellation n’impose pas un goût unique. Un amateur peut préférer un armagnac droit, frais et fruité à un autre plus enveloppé par le bois, sans que l’un soit objectivement supérieur à l’autre.

Pour choisir une bouteille, mieux vaut commencer par l’usage. Un armagnac destiné à un cocktail, à un service sur glace ou à une première dégustation n’appellera pas le même budget qu’une carafe âgée, achetée pour boire lentement après un repas. Il faut ensuite lire la mention d’âge, demander le style de la maison et, si possible, goûter. Un caviste qui connaît son métier saura orienter sans réciter une fiche publicitaire.

  • Pour un service pur : recherchez une bouteille dont l’âge et le profil aromatique sont clairement expliqués.
  • Pour un cocktail : privilégiez une eau-de-vie souple, fruitée, sans boisé excessif.
  • Pour offrir : demandez le millésime éventuel, la provenance et le style recherché par la personne qui la recevra.
  • Pour cuisiner : choisissez une référence simple, nette et correctement conservée ; inutile de verser une vieille eau-de-vie dans une sauce.

Les trophées attribués en marge de Wine Paris par le média professionnel Cavistes et E-commerce ont également mis l’armagnac en lumière. Dartiguelongue a été distinguée pour sa démarche environnementale autour de l’armagnac Organic. Laubade a reçu une récompense liée à l’innovation pour XF, une cuvée élevée dans des fûts soumis à une chauffe extra-forte. Ce dernier point est intéressant pour comprendre le rôle du bois : une chauffe marquée peut apporter des notes grillées, torréfiées ou épicées, mais l’équilibre doit rester au service de l’eau-de-vie.

Dans une cuisine corse, un armagnac bien choisi trouverait facilement sa place avec un dessert aux poires, des fruits rôtis ou une pâtisserie aux châtaignes. Il faut cependant rester sobre : la farine de châtaigne AOP « Farina castagnina corsa » a déjà sa personnalité, douce et persistante. L’alcool doit relever le plat, non le dominer.

L’armagnac gagne du terrain lorsqu’il est expliqué par ses origines, ses âges et ses usages, plutôt que réduit à l’image d’un verre oublié au fond d’un buffet.

Whisky français à Wine Paris : Armorik et Rozelieures, deux modèles de filière

Le whisky français n’a plus besoin de se présenter comme une curiosité. Il reste jeune face aux grandes traditions écossaise ou irlandaise, mais certaines maisons ont désormais accumulé assez d’années de distillation, d’élevage et de distribution pour parler d’elles avec sérieux. À Wine Paris & Vinexpo Paris, cette maturation se lisait dans les bouteilles, mais aussi dans les discours sur l’orge, le maltage, la tonnellerie et l’autonomie des approvisionnements.

Armorik, whisky de la distillerie Warenghem située à Lannion, dans les Côtes-d’Armor, a reçu le prix du meilleur whisky dans le cadre des trophées Cavistes et E-commerce pour son single malt 15 ans, annoncé autour de 89 euros. Cette distinction ne transforme pas une bouteille en obligation d’achat. Elle indique en revanche qu’un whisky français peut soutenir la comparaison sur une dégustation exigeante, à condition de ne pas copier les références étrangères et de travailler sa propre identité.

La maison Armorik fête ses vingt-cinq ans. Une partie de sa gamme est passée en bio deux ans auparavant, et la distillerie prévoit d’ouvrir sa propre tonnellerie en avril. Ce projet est important. Le fût n’est pas un simple contenant : l’essence du bois, le niveau de chauffe, son ancien usage et la durée de vieillissement modifient le profil final. Maîtriser davantage ce poste permet à une distillerie de mieux ajuster ses choix, tout en restant attentive à l’équilibre entre le distillat et le bois.

Armorik envisage aussi, à terme, de disposer de sa propre malterie. Ce serait une étape supplémentaire dans la maîtrise de la chaîne. Pour comprendre l’intérêt, il faut repartir de l’orge. Le whisky naît d’une céréale maltée, fermentée, distillée puis élevée. À chaque étape, des décisions façonnent le résultat : variété cultivée, qualité du malt, fermentation, forme des alambics, coupe de distillation, fûts. Lorsqu’une maison gère plusieurs de ces maillons, elle peut mieux exprimer une origine et améliorer sa régularité.

Rozelieures : de la parcelle de céréales au verre de dégustation

Rozelieures, installée en Meurthe-et-Moselle et portée par une famille présente depuis six générations sur son territoire, offre un autre exemple de cette logique. La maison produit du whisky depuis le début des années 2000 et exploite 300 hectares de céréales, dont environ un tiers consacré à l’orge. Elle maîtrise son approvisionnement et a inauguré son unité de maltage en 2017. Dans l’univers du whisky, cette intégration est loin d’être anecdotique.

La distillerie annonce une autonomie énergétique de 80 % et développe depuis quinze ans une unité de méthanisation avec des éleveurs voisins. Elle mène aussi une conversion biologique sur une cinquantaine d’hectares, arrivée à sa troisième année. Ces éléments ne dispensent pas de goûter : une démarche agricole ou énergétique ne garantit pas automatiquement la qualité aromatique. Ils donnent toutefois des repères concrets sur la manière dont l’entreprise organise son travail, ce qui vaut mieux qu’un discours vague sur le terroir.

Le lancement des whiskies parcellaires en 2021 a retenu l’attention des amateurs. L’idée est empruntée à une lecture familière au monde du vin : observer comment des orges issues de sols différents peuvent apporter des nuances au distillat. La comparaison a ses limites, car le maltage, la distillation et le fût interviennent fortement. Mais elle a le mérite de remettre la matière première au centre. Un whisky n’est pas seulement le produit de son élevage en barrique.

Au printemps, Rozelieures prévoit de sortir un single cask tourbé élevé en fût de Jurançon, autour de 60 euros, ainsi qu’un brut de fût. Un nouveau single malt destiné à la mixologie est annoncé pour la rentrée. Ces trois propositions répondent à des usages distincts. Le single cask vise l’amateur qui cherche une expression précise d’un fût. Le brut de fût s’adresse à celui qui accepte un degré plus élevé et souhaite éventuellement ajouter quelques gouttes d’eau. Le whisky de mixologie, lui, doit conserver son caractère même associé à d’autres ingrédients.

Cette diversité doit guider l’achat. Un whisky de 15 ans à 89 euros ne sera pas nécessairement plus adapté qu’une bouteille à 60 euros. Tout dépend du moment, du palais et du service. Pour une dégustation, servez une petite quantité dans un verre tulipe, sentez d’abord sans agiter brutalement, puis goûtez. L’ajout d’eau se fait goutte par goutte, surtout avec un brut de fût. Dans un cocktail, choisissez une référence accessible, dont vous appréciez déjà le goût seul.

Pour un lecteur habitué aux vins corses, le rapprochement est assez naturel. Un Patrimonio blanc issu de vermentinu, un Ajaccio rouge de sciaccarellu et un whisky parcellaire ne se dégustent pas de la même manière. Ils partagent toutefois une même exigence : comprendre l’origine de la matière première et ne pas juger la bouteille au seul prestige de son nom.

Le whisky français devient crédible lorsqu’il assume ses céréales, ses fûts et son lieu de production, au lieu de chercher à se déguiser en whisky écossais.

Quel enseignement Wine Paris apporte aux professionnels du vin et du terroir corse

La montée en puissance des spiritueux à Wine Paris & Vinexpo Paris ne signifie pas que le vin perd sa place. Elle rappelle plutôt que les professionnels doivent travailler une offre plus complète. Un caviste, un restaurateur ou un producteur présent sur un salon rencontre aujourd’hui des clients qui passent d’un verre de vin à un cocktail, d’un apéritif léger à une eau-de-vie de dégustation. Refuser de voir ce mouvement reviendrait à laisser les autres expliquer les produits à sa place.

Pour le terroir corse, il existe une précaution essentielle. L’île dispose de vins clairement identifiables : Patrimonio, Ajaccio, Vin de Corse et ses dénominations, avec des cépages comme le niellucciu, le sciaccarellu ou le vermentinu. Ces noms ont une réalité géographique et réglementaire. Ils ne doivent pas être noyés dans une communication générale sur « l’esprit méditerranéen » ou les boissons de vacances.

Un professionnel qui présente un vin corse dans un contexte aussi concurrentiel doit être précis. Pour un Patrimonio rouge, il est utile d’expliquer la place du niellucciu, la structure du vin, le millésime et l’accord possible avec une coppa ou un lonzu d’origine vérifiée. Pour un blanc de vermentinu, on peut parler de fraîcheur, d’amers fins, de service et d’accord avec un poisson, des légumes ou un fromage de brebis. Le mot « corse » seul ne renseigne personne.

La même règle vaut pour les liqueurs et eaux-de-vie produites sur l’île. Une liqueur de myrte sérieuse doit indiquer son producteur, l’origine des baies lorsque cette information est disponible, son degré et son niveau de sucre. Une eau-de-vie de cédrat appelle les mêmes questions. Le consommateur peut aimer un produit doux ou intense ; il doit pouvoir comprendre ce qu’il boit. L’emballage folklorique n’est jamais un critère de qualité.

Comment constituer une sélection cohérente après un salon professionnel

Le fil conducteur peut être celui d’Antoine, caviste fictif installé sur le continent et désireux de mieux présenter les bouteilles corses dans son magasin. Après une journée à Vinexpo Paris, il pourrait être tenté de commander tout ce qui l’a surpris. Ce serait une erreur courante. Un salon stimule la curiosité ; la sélection se décide ensuite, avec du recul, des fiches techniques et des dégustations répétées.

Antoine commence par déterminer les besoins de ses clients. Cherchent-ils des bouteilles pour un repas, des cadeaux, des apéritifs ou des cocktails ? Dispose-t-il d’un public prêt à découvrir un armagnac jeune servi sur glace, ou ses clients demandent-ils plutôt des whiskies de dégustation ? A-t-il la place et le débit nécessaires pour un assortiment de RTD ? Ces réponses évitent de confondre intérêt professionnel et achat impulsif.

  1. Regoûter hors du bruit du salon : une dégustation debout, entre deux rendez-vous, ne permet pas toujours de juger une bouteille.
  2. Vérifier l’origine : pour le vin, l’appellation et le cépage ; pour les spiritueux, le lieu de distillation, la matière première et le mode d’élaboration.
  3. Comparer les prix : un tarif doit rester cohérent avec l’âge, la rareté, le volume et le service attendu.
  4. Prévoir un usage : une bouteille de bar, de cocktail, de table ou de cadeau ne répond pas aux mêmes besoins.
  5. Former l’équipe : trois phrases justes sur un produit valent mieux qu’une longue histoire mal retenue.

Cette méthode peut aussi servir aux particuliers. Avant d’acheter un alcool vu sur les réseaux ou dans un salon, posez les mêmes questions. Le produit est-il distillé par la maison qui le commercialise ? Quel est son degré ? Quel est son style ? Est-il destiné à être bu pur, allongé ou mélangé ? Le prix correspond-il à son âge et à sa disponibilité ? Ces repères simples évitent bien des déceptions.

Wine Paris montre enfin qu’un événement vinicole devient un lieu d’éducation du goût. Le visiteur attentif y apprend autant en comparant deux eaux-de-vie qu’en goûtant deux cuvées de la même appellation. L’essentiel est de conserver une méthode : goûter, demander, noter, puis choisir. C’est ainsi que la diversité des alcools reste une richesse et ne se transforme pas en brouhaha commercial.

Face à une offre toujours plus vaste, le bon achat n’est pas la bouteille la plus visible : c’est celle dont l’origine, l’usage et le prix restent compréhensibles.

Qu’est-ce que Be Spirits à Wine Paris ?

Be Spirits est l’espace de Wine Paris & Vinexpo Paris consacré aux spiritueux, à la mixologie et aux boissons associées. Lors de l’édition 2026, il a accueilli 160 exposants dans le Hall 2 de Paris Expo Porte de Versailles.

Pourquoi les spiritueux occupent-ils une place croissante dans le salon ?

Les cavistes, sommeliers, restaurateurs et bartenders doivent désormais maîtriser une offre plus large que le seul vin. Les cocktails, les boissons à degré réduit, les whiskies français, les rhums et les eaux-de-vie de terroir créent de nouvelles occasions de consommation.

Comment choisir un armagnac après une dégustation ?

Commencez par définir l’usage : dégustation pure, cocktail, cuisine ou cadeau. Vérifiez ensuite l’âge, l’appellation, le style de la maison et le prix. Une dégustation chez un caviste compétent reste le meilleur repère.

Le whisky français peut-il rivaliser avec les whiskies écossais ?

Les styles sont différents et la comparaison ne se limite pas à l’ancienneté des traditions. Des maisons comme Armorik ou Rozelieures travaillent la qualité de l’orge, le maltage, la distillation et les fûts pour construire une identité propre.

Que vérifier avant d’acheter un spiritueux artisanal ?

Demandez qui distille réellement le produit, d’où viennent les matières premières, quel est le degré d’alcool, comment le spiritueux est élaboré et pour quel usage il est conçu. Le mot artisanal ne constitue pas, à lui seul, une garantie.