{"id":358,"date":"2026-08-27T13:02:06","date_gmt":"2026-08-27T13:02:06","guid":{"rendered":"https:\/\/lagazettepietrolaise.fr\/blog\/charcuterie-fromages-corses\/bleu-chine-patrimoine-textile\/"},"modified":"2026-08-27T13:43:08","modified_gmt":"2026-08-27T13:43:08","slug":"bleu-chine-patrimoine-textile","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lagazettepietrolaise.fr\/blog\/charcuterie-fromages-corses\/bleu-chine-patrimoine-textile\/","title":{"rendered":"DOSSIER. Le Bleu de Chine : un patrimoine textile sur le point de f\u00eater son centenaire"},"content":{"rendered":"<p class=\"wp-block-paragraph\">Le <strong>Bleu de Chine<\/strong> n\u2019est pas seulement une veste bleue pass\u00e9e dans le vestiaire des citadins. \u00c0 Bastia, Marseille ou S\u00e8te, il a longtemps suivi les hommes de mer, les p\u00eacheurs et les dockers, avant de devenir un signe de m\u00e9moire populaire. \u00c0 l\u2019approche de son <strong>centenaire<\/strong>, ce v\u00eatement de coton m\u00e9rite d\u2019\u00eatre regard\u00e9 pour ce qu\u2019il raconte : les routes maritimes, les habitudes de travail et une histoire textile partag\u00e9e entre la Chine et la M\u00e9diterran\u00e9e.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>En bref<\/strong><\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Le Bleu de Chine d\u00e9signe une veste, parfois accompagn\u00e9e d\u2019un pantalon, en toile de coton bleue \u00e0 coupe simple et ample.<\/li><li>Son image est li\u00e9e \u00e0 la <strong>culture chinoise<\/strong>, aux habits de travail et \u00e0 la diffusion maritime du v\u00eatement au XXe si\u00e8cle.<\/li><li>En Corse, il a \u00e9t\u00e9 port\u00e9 d\u00e8s les ann\u00e9es 1950 et 1960 par les marins, dockers et p\u00eacheurs, notamment autour du Vieux-Port de Bastia.<\/li><li>La couleur profonde provenait de teintures tr\u00e8s charg\u00e9es, dont le d\u00e9gorgement imposait autrefois plusieurs bains d\u2019eau.<\/li><li>Les versions de mode vendues aujourd\u2019hui ne doivent pas \u00eatre confondues avec les pi\u00e8ces de travail import\u00e9es et port\u00e9es durant des d\u00e9cennies.<\/li><\/ul>\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Rep\u00e8re<\/th>\n<th>Ce qu\u2019il faut retenir<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Origine<\/td>\n<td>V\u00eatement de travail chinois diffus\u00e9 par les \u00e9changes maritimes au XXe si\u00e8cle.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Arriv\u00e9e en M\u00e9diterran\u00e9e<\/td>\n<td>Circulation attest\u00e9e dans les ports d\u2019Afrique du Nord puis de Marseille, avant la Corse.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Usage corse<\/td>\n<td>Tenue de p\u00eache, de quai, de d\u00e9tente et parfois de sortie chez les marins.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Point de vigilance<\/td>\n<td>Un bleu tr\u00e8s vif qui d\u00e9gorge fortement n\u00e9cessite un lavage s\u00e9par\u00e9 et r\u00e9p\u00e9t\u00e9.<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table><\/figure>\n\n<div id=\"ez-toc-container\" class=\"ez-toc-v2_0_87 counter-hierarchy ez-toc-counter ez-toc-grey ez-toc-container-direction\">\n<div class=\"ez-toc-title-container\">\n<p class=\"ez-toc-title\" style=\"cursor:inherit\">Sommaire<\/p>\n<span class=\"ez-toc-title-toggle\"><a href=\"#\" class=\"ez-toc-pull-right ez-toc-btn ez-toc-btn-xs ez-toc-btn-default ez-toc-toggle\" aria-label=\"Toggle Table of Content\"><span class=\"ez-toc-js-icon-con\"><span class=\"\"><span class=\"eztoc-hide\" style=\"display:none;\">Toggle<\/span><span class=\"ez-toc-icon-toggle-span\"><svg style=\"fill: #999;color:#999\" xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" class=\"list-377408\" width=\"20px\" height=\"20px\" viewBox=\"0 0 24 24\" fill=\"none\"><path d=\"M6 6H4v2h2V6zm14 0H8v2h12V6zM4 11h2v2H4v-2zm16 0H8v2h12v-2zM4 16h2v2H4v-2zm16 0H8v2h12v-2z\" fill=\"currentColor\"><\/path><\/svg><svg style=\"fill: #999;color:#999\" class=\"arrow-unsorted-368013\" xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" width=\"10px\" height=\"10px\" viewBox=\"0 0 24 24\" version=\"1.2\" baseProfile=\"tiny\"><path d=\"M18.2 9.3l-6.2-6.3-6.2 6.3c-.2.2-.3.4-.3.7s.1.5.3.7c.2.2.4.3.7.3h11c.3 0 .5-.1.7-.3.2-.2.3-.5.3-.7s-.1-.5-.3-.7zM5.8 14.7l6.2 6.3 6.2-6.3c.2-.2.3-.5.3-.7s-.1-.5-.3-.7c-.2-.2-.4-.3-.7-.3h-11c-.3 0-.5.1-.7.3-.2.2-.3.5-.3.7s.1.5.3.7z\"\/><\/svg><\/span><\/span><\/span><\/a><\/span><\/div>\n<nav><ul class='ez-toc-list ez-toc-list-level-1 eztoc-toggle-hide-by-default' ><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-1\" href=\"https:\/\/lagazettepietrolaise.fr\/blog\/charcuterie-fromages-corses\/bleu-chine-patrimoine-textile\/#Bleu_de_Chine_de_quel_vetement_parle-t-on_exactement\" >Bleu de Chine : de quel v\u00eatement parle-t-on exactement ?<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-2\" href=\"https:\/\/lagazettepietrolaise.fr\/blog\/charcuterie-fromages-corses\/bleu-chine-patrimoine-textile\/#Lhistoire_textile_du_Bleu_de_Chine_entre_culture_chinoise_et_ports_mediterraneens\" >L\u2019histoire textile du Bleu de Chine, entre culture chinoise et ports m\u00e9diterran\u00e9ens<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-3\" href=\"https:\/\/lagazettepietrolaise.fr\/blog\/charcuterie-fromages-corses\/bleu-chine-patrimoine-textile\/#Comment_le_Bleu_de_Chine_est_devenu_un_repere_du_Vieux-Port_de_Bastia\" >Comment le Bleu de Chine est devenu un rep\u00e8re du Vieux-Port de Bastia<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-4\" href=\"https:\/\/lagazettepietrolaise.fr\/blog\/charcuterie-fromages-corses\/bleu-chine-patrimoine-textile\/#Pourquoi_le_premier_lavage_du_Bleu_de_Chine_est_reste_dans_les_memoires\" >Pourquoi le premier lavage du Bleu de Chine est rest\u00e9 dans les m\u00e9moires<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-5\" href=\"https:\/\/lagazettepietrolaise.fr\/blog\/charcuterie-fromages-corses\/bleu-chine-patrimoine-textile\/#Le_centenaire_du_Bleu_de_Chine_memoire_ouvriere_ou_recuperation_par_la_mode\" >Le centenaire du Bleu de Chine : m\u00e9moire ouvri\u00e8re ou r\u00e9cup\u00e9ration par la mode ?<\/a><\/li><\/ul><\/nav><\/div>\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Bleu_de_Chine_de_quel_vetement_parle-t-on_exactement\"><\/span>Bleu de Chine : de quel v\u00eatement parle-t-on exactement ?<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le nom pr\u00eate \u00e0 confusion. Le <strong>Bleu de Chine<\/strong> peut d\u00e9signer une veste droite, un pantalon assorti, une chemise ou, selon les r\u00e9gions et les g\u00e9n\u00e9rations, l\u2019ensemble complet. Il ne s\u2019agit pas d\u2019un mod\u00e8le unique prot\u00e9g\u00e9 par un label ni d\u2019une appellation textile contr\u00f4l\u00e9e. C\u2019est une famille de v\u00eatements pratiques, g\u00e9n\u00e9ralement taill\u00e9s dans une toile de coton solide, reconnaissables \u00e0 leur couleur bleue et \u00e0 leur construction sans complication.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La veste est souvent courte, dot\u00e9e de poches plaqu\u00e9es et ferm\u00e9e par des boutons. Sa coupe laisse de l\u2019aisance aux \u00e9paules et au torse. Ce d\u00e9tail compte : \u00e0 l\u2019origine, elle devait permettre de travailler, de se baisser, de tirer un filet ou de circuler \u00e0 bord sans l\u2019inconfort d\u2019un v\u00eatement ajust\u00e9. Le pantalon, lui, est droit, ample et pens\u00e9 pour durer plut\u00f4t que pour flatter une silhouette.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans le langage des ports m\u00e9diterran\u00e9ens, on disait aussi <strong>bleu de Shanghai<\/strong>. L\u2019expression renvoie moins \u00e0 une fabrication syst\u00e9matiquement localis\u00e9e dans cette ville qu\u2019\u00e0 l\u2019imaginaire commercial des cargaisons venues d\u2019Extr\u00eame-Orient. Les marins ramenaient des tissus, des v\u00eatements et des objets acquis ou \u00e9chang\u00e9s au fil des escales. Une pi\u00e8ce simple, l\u00e9g\u00e8re et r\u00e9sistante trouvait vite preneur \u00e0 quai.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le v\u00eatement n\u2019est pas n\u00e9 d\u2019une seule d\u00e9cision politique. Il est souvent pr\u00e9sent\u00e9, \u00e0 tort, comme une cr\u00e9ation impos\u00e9e par Mao Zedong. La r\u00e9alit\u00e9 est plus nuanc\u00e9e. Les habits bleus de travail \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 largement pr\u00e9sents en Chine au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, dans les campagnes, les ateliers et les villes. Apr\u00e8s 1949, les tenues sobres et uniformes se sont impos\u00e9es dans l\u2019image publique de la Chine populaire, mais le costume mao\u00efste et le Bleu de Chine port\u00e9 par les marins m\u00e9diterran\u00e9ens ne sont pas exactement la m\u00eame pi\u00e8ce.<\/p>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Une teinture indigo qui a fait sa r\u00e9putation<\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La couleur est au c\u0153ur du sujet. La <strong>teinture indigo<\/strong> appartient \u00e0 une longue histoire des textiles asiatiques, africains et europ\u00e9ens. Selon les \u00e9poques et les fabrications, elle pouvait \u00eatre obtenue \u00e0 partir de plantes tinctoriales ou de colorants industriels. Il serait donc imprudent d\u2019affirmer que chaque bleu ancien import\u00e9 en M\u00e9diterran\u00e9e relevait d\u2019une teinture v\u00e9g\u00e9tale : les productions du XXe si\u00e8cle ont largement employ\u00e9 des proc\u00e9d\u00e9s industriels.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce qui demeure certain, c\u2019est la puissance du bleu \u00e0 l\u2019achat. Les anciens de Bastia racontent volontiers les premiers jours difficiles : un v\u00eatement neuf pouvait d\u00e9teindre sur la peau, les mains ou le linge. Ce n\u2019\u00e9tait pas un signe de raffinement, mais la cons\u00e9quence d\u2019un exc\u00e8s de colorant non encore fix\u00e9 et rinc\u00e9. Sur un quai, on ne cherchait pas un bleu parfaitement stable d\u00e8s la premi\u00e8re sortie ; on cherchait un habit qui tienne.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Bleu de Chine est ainsi devenu un v\u00eatement reconnaissable de loin. Dans un monde portuaire o\u00f9 la tenue disait le m\u00e9tier, cette couleur distinguait sans besoin d\u2019insigne. Elle parlait de travail, de mer et d\u2019habitudes collectives. C\u2019est cette simplicit\u00e9 qui explique sa place dans le patrimoine textile m\u00e9diterran\u00e9en.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comprendre le v\u00eatement suppose donc de quitter les images toutes faites : derri\u00e8re le bleu, il y a un objet utilitaire, une circulation commerciale et des usages locaux tr\u00e8s concrets.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1536\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/lagazettepietrolaise.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bleu-de-chine-toile-coton-pliure-detail.jpg\" alt=\"D\u00e9tail d&apos;une veste de travail bleue en toile de coton pli\u00e9e avec boutons en corne\" class=\"wp-image-360\" srcset=\"https:\/\/lagazettepietrolaise.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bleu-de-chine-toile-coton-pliure-detail.jpg 1536w, https:\/\/lagazettepietrolaise.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bleu-de-chine-toile-coton-pliure-detail-300x200.jpg 300w, https:\/\/lagazettepietrolaise.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bleu-de-chine-toile-coton-pliure-detail-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/lagazettepietrolaise.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bleu-de-chine-toile-coton-pliure-detail-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1536px) 100vw, 1536px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Illustration g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par intelligence artificielle.<\/figcaption><\/figure>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Lhistoire_textile_du_Bleu_de_Chine_entre_culture_chinoise_et_ports_mediterraneens\"><\/span>L\u2019histoire textile du Bleu de Chine, entre culture chinoise et ports m\u00e9diterran\u00e9ens<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le parcours du Bleu de Chine ne se r\u00e9sume pas \u00e0 un trajet direct de Shanghai vers la Corse. Il s\u2019inscrit dans des \u00e9changes plus larges, o\u00f9 les \u00e9quipages transportaient des marchandises, des r\u00e9cits et des fa\u00e7ons de s\u2019habiller. Avant d\u2019\u00eatre aper\u00e7u dans les rues de Bastia, le v\u00eatement a circul\u00e9 par les grands ports de la M\u00e9diterran\u00e9e, avec Marseille comme point de passage majeur.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans l\u2019entre-deux-guerres, des marins chinois auraient d\u00e9j\u00e0 \u00e9chang\u00e9 ou vendu ces tenues dans les ports d\u2019Alg\u00e9rie et de Tunisie. Les t\u00e9moignages et les r\u00e9cits oraux doivent \u00eatre lus avec pr\u00e9caution, car les archives commerciales ne donnent pas toujours le d\u00e9tail des v\u00eatements achet\u00e9s \u00e0 bord ou au comptoir. Ils montrent cependant une chose : les \u00e9quipements populaires voyagent souvent par des voies discr\u00e8tes, loin des maisons de mode et des grands catalogues.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 Marseille, le quartier du Panier a longtemps servi de carrefour aux gens de mer. Dans les ann\u00e9es 1960, des marins y \u00e9voquaient des Bleus rapport\u00e9s d\u2019Asie par des camarades embarqu\u00e9s sur des lignes lointaines. On pouvait les acheter dans des arri\u00e8re-salles, des bars ou chez des revendeurs connus des \u00e9quipages. La pi\u00e8ce n\u2019\u00e9tait pas rare au sens o\u00f9 l\u2019entend le march\u00e9 du luxe. Elle \u00e9tait recherch\u00e9e parce qu\u2019elle rendait service et qu\u2019elle co\u00fbtait moins cher qu\u2019un costume de ville.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les marques cit\u00e9es par les anciens, comme L\u2019Anti Cher ou Fei-Low, appartiennent \u00e0 cette m\u00e9moire de quai. Leurs noms reviennent dans les conversations, avec des nuances selon les ports et les p\u00e9riodes. Il convient de distinguer la r\u00e9putation transmise par les utilisateurs d\u2019une histoire industrielle enti\u00e8rement document\u00e9e. Ces souvenirs demeurent pr\u00e9cieux : ils renseignent sur la coupe, sur la tenue au lavage et sur la pr\u00e9f\u00e9rence des acheteurs, choses qu\u2019un registre douanier ne raconte gu\u00e8re.<\/p>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Une tradition devenue m\u00e9diterran\u00e9enne<\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La <strong>tradition<\/strong> s\u2019est construite par l\u2019usage. Quand un marin marseillais adoptait cette veste pour les heures pass\u00e9es \u00e0 terre, son voisin de cabine pouvait en chercher une \u00e0 son tour. Quand un Corse embarqu\u00e9 \u00e0 La Joliette rentrait au village avec un Bleu dans sa valise, le v\u00eatement devenait visible sur une place, dans un caf\u00e9 ou pr\u00e8s d\u2019un bateau de p\u00eache. \u00c0 force de circuler, il cessait d\u2019\u00eatre per\u00e7u comme une curiosit\u00e9 asiatique.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette appropriation ne retire rien \u00e0 la culture chinoise dont le v\u00eatement porte la trace. Elle montre au contraire comment un objet ordinaire change de sens au fil des ports. En Chine, les <strong>v\u00eatements traditionnels<\/strong> ou populaires bleus \u00e9taient li\u00e9s \u00e0 des r\u00e9alit\u00e9s sociales et professionnelles diff\u00e9rentes selon les r\u00e9gions. En M\u00e9diterran\u00e9e, la m\u00eame couleur a rejoint les univers de la p\u00eache, de la manutention et de la marine marchande.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le cas corse est parlant. L\u2019\u00eele n\u2019a pas d\u00e9velopp\u00e9 une industrie propre du Bleu de Chine. Elle l\u2019a adopt\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 ses liens maritimes continus avec Marseille, le continent, l\u2019Afrique du Nord et les lignes commerciales. Dans cette affaire, les ports comptent davantage que les boutiques \u00e9l\u00e9gantes. Ce sont eux qui ont fait passer le v\u00eatement d\u2019un usage de voyage \u00e0 une pr\u00e9sence quotidienne.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce d\u00e9tour par les routes maritimes aide \u00e0 comprendre pourquoi le Bleu n\u2019appartient pas \u00e0 une seule ville ni \u00e0 une seule profession. Il porte une m\u00e9moire commune, mais chaque quai lui a donn\u00e9 son accent.<\/p>\n\n<figure class=\"is-provider-youtube is-type-video wp-block-embed wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\nhttps:\/\/www.youtube.com\/watch?v=MikOrr3LJLs\n<\/div><\/figure>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Comment_le_Bleu_de_Chine_est_devenu_un_repere_du_Vieux-Port_de_Bastia\"><\/span>Comment le Bleu de Chine est devenu un rep\u00e8re du Vieux-Port de Bastia<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 Bastia, le Bleu de Chine a trouv\u00e9 un terrain d\u2019adoption naturel. La ville portuaire vivait au rythme des arriv\u00e9es, des d\u00e9parts et des m\u00e9tiers de mer. Entre les quais, les caf\u00e9s du Vieux-Port, les p\u00eacheurs et les dockers, un v\u00eatement souple et peu fragile avait toute sa place. Des t\u00e9moignages situent les premiers usages r\u00e9guliers d\u00e8s le milieu des ann\u00e9es 1950, puis une diffusion plus nette dans les ann\u00e9es 1960 et 1970.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour les jeunes hommes qui entraient dans le m\u00e9tier, le passage au Bleu pouvait marquer une forme d\u2019appartenance. Jacques Mandrichi, ancien docker bastiais cit\u00e9 dans un reportage publi\u00e9 en 2022, se souvenait d\u2019avoir re\u00e7u son premier ensemble \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1960, alors que son p\u00e8re et son oncle en portaient d\u00e9j\u00e0. Dans son r\u00e9cit, le v\u00eatement servait aussi bien au travail qu\u2019aux moments de d\u00e9tente. L\u2019\u00e9t\u00e9, il \u00e9tait jug\u00e9 particuli\u00e8rement commode.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette double fonction explique beaucoup. Le bleu de travail classique \u00e9tait r\u00e9serv\u00e9 aux machines, aux cales ou aux t\u00e2ches salissantes. Le Bleu de Chine, quand il \u00e9tait propre, devenait la tenue de l\u2019apr\u00e8s-service : celle du caf\u00e9, de la promenade ou du repas. Certains poss\u00e9daient donc plusieurs pi\u00e8ces, l\u2019une pour la p\u00eache ou les travaux du bord, l\u2019autre pour descendre en ville. Voil\u00e0 une distinction modeste, mais r\u00e9v\u00e9latrice d\u2019un vrai soin dans les habitudes.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au Vieux-Port, les anciens se rappellent des ballots maintenus par du papier et de la ficelle. On y trouvait des vestes, des chemises, parfois des blousons, et m\u00eame des mod\u00e8les aux surpiq\u00fbres blanches consid\u00e9r\u00e9s comme plus habill\u00e9s. Avec un foulard, une casquette, des espadrilles, l\u2019ensemble dessinait une silhouette de port que les photographies familiales ont souvent conserv\u00e9e mieux que les archives officielles.<\/p>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Une tenue populaire, pas un costume de spectacle<\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il faut \u00e9viter de figer cette tenue en d\u00e9cor. Les hommes qui portaient le Bleu ne cherchaient pas \u00e0 repr\u00e9senter la Corse. Ils s\u2019habillaient avec ce qu\u2019ils trouvaient de pratique, de solide et d\u2019accessible. Les p\u00eacheurs avaient besoin de poches ; les dockers voulaient une toile qui supporte les gestes r\u00e9p\u00e9t\u00e9s ; les marins appr\u00e9ciaient une coupe agr\u00e9able quand ils quittaient le navire.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce rapport direct \u00e0 l\u2019usage rejoint d\u2019autres histoires de l\u2019\u00eele. Un couteau bien mont\u00e9, une paire d\u2019espadrilles ou une veste de coton n\u2019ont pas besoin d\u2019\u00eatre charg\u00e9s de discours pour \u00eatre respect\u00e9s. Ils doivent d\u2019abord servir. Dans un autre registre maritime, <a href=\"https:\/\/lagazettepietrolaise.fr\/blog\/charcuterie-fromages-corses\/elbe-ile-secrete-corses\/\">le r\u00e9cit de l\u2019\u00eele d\u2019Elbe et des routes corses<\/a> rappelle combien les circulations de la mer Tyrrh\u00e9nienne ont fa\u00e7onn\u00e9 les habitudes insulaires.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le recul du Bleu commence \u00e0 se faire sentir \u00e0 la fin du XXe si\u00e8cle. Les v\u00eatements de sport, les jeans et les marques internationales prennent le dessus. Au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, voir un jeune docker en Bleu devient inhabituel. Les v\u00eatements professionnels se normalisent aussi, avec d\u2019autres exigences de s\u00e9curit\u00e9 et des mati\u00e8res techniques mieux adapt\u00e9es \u00e0 certains postes.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La m\u00e9moire ne s\u2019efface pourtant pas. Dans les bars proches de la jet\u00e9e ou au local des p\u00eacheurs, le Bleu reste un sujet qui fait revenir des noms, des gestes et des histoires de travers\u00e9e. \u00c0 Bastia, il appartient moins \u00e0 une vitrine qu\u2019\u00e0 une conversation entre g\u00e9n\u00e9rations.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce v\u00eatement rappelle ainsi une r\u00e8gle simple : un objet populaire devient patrimoine quand les gens peuvent encore expliquer pourquoi ils l\u2019ont port\u00e9.<\/p>\n\n<figure class=\"is-provider-youtube is-type-video wp-block-embed wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Octobre 1860, le sac du Palais d&amp;apos;\u00e9t\u00e9 de P\u00e9kin | Quand l&amp;apos;histoire fait dates | ARTE\" width=\"500\" height=\"281\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/-xWTZxh5m50?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Pourquoi_le_premier_lavage_du_Bleu_de_Chine_est_reste_dans_les_memoires\"><\/span>Pourquoi le premier lavage du Bleu de Chine est rest\u00e9 dans les m\u00e9moires<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Bleu de Chine neuf avait un d\u00e9faut que personne ne semblait oublier : il pouvait laisser sa couleur partout. Les t\u00e9moignages bastiais sont pr\u00e9cis sur ce point. Des p\u00e8res attachaient le v\u00eatement \u00e0 un bout, c\u2019est-\u00e0-dire une corde dans le vocabulaire marin, ajoutaient une pierre et le maintenaient plusieurs jours dans l\u2019eau du port. Cette pratique para\u00eet rude aujourd\u2019hui, mais elle r\u00e9pondait \u00e0 un besoin imm\u00e9diat : \u00e9liminer le surplus de bleu avant de porter la pi\u00e8ce longtemps.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le trempage en eau de mer faisait partie de la vie portuaire. Certains v\u00eatements restaient derri\u00e8re un bateau au cours d\u2019une travers\u00e9e, d\u2019autres \u00e9taient plong\u00e9s depuis le quai. Une fois remont\u00e9s, ils \u00e9taient frott\u00e9s et observ\u00e9s. Tant que l\u2019eau se chargeait fortement de couleur, le travail n\u2019\u00e9tait pas termin\u00e9. On pouvait ensuite recourir \u00e0 la machine \u00e0 laver, lorsque l\u2019\u00e9quipement \u00e9tait disponible.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un ancien bosco de la SNCM rapportait qu\u2019un rin\u00e7age insuffisant lui avait laiss\u00e9 les jambes bleut\u00e9es. Un docker \u00e9voquait, lui, le souvenir peu plaisant d\u2019un corps marqu\u00e9 par le colorant apr\u00e8s une journ\u00e9e. Ces anecdotes ne rel\u00e8vent pas du folklore. Elles disent la qualit\u00e9 irr\u00e9guli\u00e8re ou tr\u00e8s charg\u00e9e de certaines teintures, ainsi que le rapport pragmatique des utilisateurs \u00e0 un v\u00eatement qui demandait une pr\u00e9paration.<\/p>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Entretenir une pi\u00e8ce actuelle sans ab\u00eemer sa couleur<\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les productions actuelles ne se comportent pas toutes comme les v\u00eatements d\u2019autrefois. Une veste inspir\u00e9e du Bleu de Chine peut \u00eatre teinte de fa\u00e7on industrielle, pr\u00e9lav\u00e9e ou trait\u00e9e pour limiter les d\u00e9gorgements. Une pi\u00e8ce r\u00e9alis\u00e9e selon une <strong>fabrication artisanale<\/strong> peut, au contraire, conserver une couleur vivante et \u00e9volutive. Dans tous les cas, l\u2019\u00e9tiquette du fabricant reste le premier rep\u00e8re.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour un v\u00eatement neuf au bleu dense, quelques gestes \u00e9vitent les mauvaises surprises :<\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>laver la pi\u00e8ce seule ou avec des textiles fonc\u00e9s lors des premiers passages en machine ;<\/li><li>choisir une eau fra\u00eeche ou ti\u00e8de plut\u00f4t qu\u2019un cycle trop chaud ;<\/li><li>retourner veste et pantalon avant lavage afin de m\u00e9nager la surface visible ;<\/li><li>\u00e9viter les produits agressifs qui blanchissent la toile sans r\u00e9gler le probl\u00e8me du d\u00e9gorgement ;<\/li><li>faire s\u00e9cher \u00e0 l\u2019ombre quand cela est possible, car le soleil direct peut modifier le ton du bleu.<\/li><\/ul>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce n\u2019est pas une recette universelle : le coton, le type de colorant et la finition changent d\u2019un fabricant \u00e0 l\u2019autre. Mais il est raisonnable de commencer doucement. Un v\u00eatement de travail n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 destin\u00e9 \u00e0 rester fig\u00e9 comme au premier jour. Il se patine, se marque et raconte son usage.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le mot <strong>artisanat<\/strong> est souvent utilis\u00e9 trop vite dans la mode. Une toile cousue dans un atelier europ\u00e9en ne signifie pas automatiquement une teinture naturelle ; une veste fabriqu\u00e9e en Asie n\u2019est pas, par principe, m\u00e9diocre. Pour choisir correctement, demandez la composition, le lieu de confection, la nature de la teinture lorsqu\u2019elle est connue, et les conseils d\u2019entretien. Si le vendeur ne donne aucun renseignement concret, la r\u00e9f\u00e9rence au Bleu de Chine sert peut-\u00eatre seulement d\u2019argument d\u00e9coratif.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La force de ce v\u00eatement tient justement \u00e0 cela : un bleu qui vit demande un peu d\u2019attention, mais il garde la trace des gestes qui l\u2019ont accompagn\u00e9.<\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Le_centenaire_du_Bleu_de_Chine_memoire_ouvriere_ou_recuperation_par_la_mode\"><\/span>Le centenaire du Bleu de Chine : m\u00e9moire ouvri\u00e8re ou r\u00e9cup\u00e9ration par la mode ?<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 l\u2019approche du <strong>centenaire<\/strong> des premi\u00e8res productions commerciales souvent associ\u00e9es au Bleu de Chine des ann\u00e9es 1930, le v\u00eatement revient dans les boutiques et sur les r\u00e9seaux. Il appara\u00eet en noir, kaki, beige, gris ou orange, parfois vendu \u00e0 des prix qui n\u2019ont plus rien \u00e0 voir avec sa vocation initiale. Une r\u00e9interpr\u00e9tation n\u2019est pas ill\u00e9gitime. Elle doit simplement \u00eatre annonc\u00e9e pour ce qu\u2019elle est.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un Bleu noir peut \u00eatre une bonne veste contemporaine, mais il ne poss\u00e8de plus l\u2019\u00e9l\u00e9ment qui a fait la reconnaissance visuelle du mod\u00e8le. Une coupe ajust\u00e9e, des poches d\u00e9plac\u00e9es, un coton fin ou une toile synth\u00e9tique peuvent convenir \u00e0 un usage urbain ; ils \u00e9loignent toutefois la pi\u00e8ce de ses r\u00e9f\u00e9rences de travail. Le probl\u00e8me ne vient pas de la cr\u00e9ation. Il commence quand une marque vend une imitation comme un h\u00e9ritage intact.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le d\u00e9calage de prix m\u00e9rite aussi d\u2019\u00eatre regard\u00e9. Autrefois, les marins choisissaient ce v\u00eatement parce qu\u2019il restait accessible et pouvait \u00eatre port\u00e9 pendant un an ou davantage. Aujourd\u2019hui, certaines r\u00e9pliques d\u00e9passent 150 euros. Ce tarif peut se justifier par une confection locale, un tissu particulier ou un montage exigeant, mais il ne suffit pas de coudre une \u00e9tiquette \u00e9vocatrice pour faire valoir une telle somme.<\/p>\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les crit\u00e8res pour choisir sans se laisser habiller par un r\u00e9cit<\/h3>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un acheteur s\u00e9rieux n\u2019a pas besoin d\u2019une l\u00e9gende trop bien racont\u00e9e. Il doit pouvoir examiner la mati\u00e8re, les coutures et l\u2019information disponible. Une toile de coton dense, des poches utilisables, une coupe qui laisse bouger les bras et une fermeture correctement mont\u00e9e sont des indices plus parlants qu\u2019un discours sur les \u00ab origines \u00bb imprim\u00e9 sur une fiche produit.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il est utile de poser quatre questions simples avant l\u2019achat :<\/p>\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Quelle est la composition exacte du tissu et son grammage, si le fabricant le communique ?<\/li><li>O\u00f9 le v\u00eatement a-t-il \u00e9t\u00e9 confectionn\u00e9 et o\u00f9 a-t-il \u00e9t\u00e9 teint ?<\/li><li>La marque pr\u00e9sente-t-elle cette pi\u00e8ce comme une reproduction historique ou comme une interpr\u00e9tation contemporaine ?<\/li><li>Le prix correspond-il \u00e0 des \u00e9l\u00e9ments v\u00e9rifiables : atelier, toile, finitions, petites s\u00e9ries ?<\/li><\/ol>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le fil conducteur pourrait \u00eatre celui de Paul, petit-fils fictif d\u2019un marin bastiais. Il souhaite retrouver une veste proche de celle que portait son grand-p\u00e8re sur le quai. S\u2019il ach\u00e8te un mod\u00e8le orange tr\u00e8s ajust\u00e9 \u00e0 prix \u00e9lev\u00e9, il choisit une mode inspir\u00e9e du Bleu, pas la continuit\u00e9 d\u2019un v\u00eatement de port. S\u2019il cherche une veste bleue en coton, \u00e0 coupe droite, avec une fabrication clairement d\u00e9taill\u00e9e, il s\u2019approche davantage de l\u2019esprit de l\u2019objet, m\u00eame sans poss\u00e9der une pi\u00e8ce ancienne.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La Corse ne manque pas d\u2019exemples o\u00f9 l\u2019origine compte plus que l\u2019emballage. Pour la nourriture comme pour les objets, les mots doivent \u00eatre suivis de faits. Cette exigence vaut pour une farine, un fromage, une bouteille ou une veste. Elle permet aussi de distinguer une histoire locale r\u00e9ellement document\u00e9e d\u2019un d\u00e9cor de vente.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le retour du Bleu de Chine peut avoir du bon s\u2019il conduit \u00e0 regarder autrement les m\u00e9tiers portuaires. Il ne doit pas effacer ceux qui l\u2019ont port\u00e9 sans y voir un signe de distinction. Entre m\u00e9moire et style, le bon choix reste celui qui respecte la mati\u00e8re, l\u2019usage et les r\u00e9cits de quai.<\/p>\n\n\n<h3>Le Bleu de Chine est-il forc\u00e9ment teint \u00e0 l\u2019indigo naturel ?<\/h3>\n<p>Non. L\u2019histoire de l\u2019indigo est ancienne, mais les v\u00eatements de travail du XXe si\u00e8cle ont aussi \u00e9t\u00e9 teints avec des proc\u00e9d\u00e9s industriels. Il faut v\u00e9rifier les informations fournies par le fabricant pour conna\u00eetre la nature exacte de la teinture.<\/p>\n<h3>Le Bleu de Chine et le costume Mao sont-ils identiques ?<\/h3>\n<p>Non. Ils appartiennent \u00e0 des histoires vestimentaires proches par leur sobri\u00e9t\u00e9 et leur couleur, mais le Bleu de Chine m\u00e9diterran\u00e9en d\u00e9signe surtout une veste et un pantalon de travail popularis\u00e9s par les \u00e9changes maritimes.<\/p>\n<h3>Pourquoi les anciens faisaient-ils tremper le v\u00eatement dans l\u2019eau de mer ?<\/h3>\n<p>Les Bleus neufs pouvaient fortement d\u00e9gorger. Le trempage prolong\u00e9 permettait d\u2019\u00e9vacuer une partie du colorant avant le port, afin de limiter les traces sur la peau et les autres v\u00eatements.<\/p>\n<h3>Comment reconna\u00eetre une r\u00e9interpr\u00e9tation de mode ?<\/h3>\n<p>Une couleur autre que le bleu, une coupe tr\u00e8s ajust\u00e9e, des mati\u00e8res m\u00e9lang\u00e9es ou l\u2019absence d\u2019informations sur la toile et la fabrication indiquent souvent une pi\u00e8ce inspir\u00e9e du mod\u00e8le historique plut\u00f4t qu\u2019une reproduction fid\u00e8le.<\/p>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Bleu de Chine n\u2019est pas seulement une veste bleue pass\u00e9e dans le vestiaire des citadins. \u00c0 Bastia, Marseille ou S\u00e8te, il a longtemps suivi les hommes de mer, les p\u00eacheurs et les dockers, avant de devenir un signe de m\u00e9moire populaire. \u00c0 l\u2019approche de son centenaire, ce v\u00eatement de coton m\u00e9rite d\u2019\u00eatre regard\u00e9 pour [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":359,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[19],"tags":[],"class_list":["post-358","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lagazettepietrolaise.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/358","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lagazettepietrolaise.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lagazettepietrolaise.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lagazettepietrolaise.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lagazettepietrolaise.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=358"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/lagazettepietrolaise.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/358\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":362,"href":"https:\/\/lagazettepietrolaise.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/358\/revisions\/362"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lagazettepietrolaise.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/359"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lagazettepietrolaise.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=358"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lagazettepietrolaise.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=358"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lagazettepietrolaise.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=358"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}